CPI-112.md

identifiantCPI-112.md
fait partie dePrince_Impérial
est validéoui
date1874/01/10 00:00
titreLouis Napoléon à Ernest Pinard
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i> CPI </i> - 112- </b> À ERNEST PINARD, ANCIEN MINISTRE DE L’INTÉRIEUR[^1] </h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Woolwich, le 10 janvier 1874 </h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je reçois toujours avec plaisir, mon cher Monsieur Pinard, un souvenir de votre amitié, car j’en connais l’étendue et le prix. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Soyez mon interprète auprès de M. Millard[^2] et faites mes compliments à votre jeune saint-cyrien[^3] . Je lui souhaite un bon succès dans ses études. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je me réjouis de voir l’heureuse entrée dans la vie de cette génération nouvelle née et grandie avec moi. Les fils atteignent l’âge d’homme, tandis que les pères peuvent et doivent rendre encore de nombreux services au pays. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Croyez, mon cher Monsieur Pinard, à mes sentiments affectueux. [^4] </p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Napoléon </i></h3> [^1]: Ernest Pinard (1822-1909). Inscrit au barreau de Paris, Ernest Pinard entre dans la magistrature comme substitut du procureur de la République à Tonnerre (1849). Il se rallie au prince Louis Napoléon. Il devient successivement substitut à Troyes (1851), à Reims (1852), à Paris (1853), substitut du procureur général à Paris (1859), procureur général à Douai (1861), conseiller d’Etat (1866). Il se fait connaître pour sa participation aux grands procès littéraires du Second Empire (Madame Bovary de Gustave Flaubert, Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire). Il est appelé en 1867 à prendre le portefeuille de l’Intérieur. En 1869, Ernest Pinard se présente comme candidat au Corps Législatif dans la 7e circonscription qui l’élit. Il reste fidèle à l’Empire après la capitulation de Sedan. Elu conseiller général d’Autun (1870-1883), il rentre au barreau de Paris. Il échoue à se faire élire député en 1876. [^2]: Eugène Millard est l’époux de Marie Pinard, sœur d’Ernest Pinard. Directeur de l’Asile impérial du Vésinet sous l’Empire, il est également l’auteur de l’ouvrage : <i> « Le Golfe Juan, station d’hiver. Débarquement de l’Empereur Napoléon Ier au Golfe Juan, d’après la tradition et les documents locaux » </i>- Imprimerie L. Maccary, 1867. [^3]: Henri Pinard (1852-1897), fils de l’ancien ministre de l’Intérieur de Napoléon III, Ernest Pinard, sortira de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1876 avec le grade de sous-lieutenant. Il était membre de la 59e promotion – la « grande promotion » (1874-1876) – comme le furent également Louis Félix Franchet d’Espérey (1856-1942), futur maréchal de France ; Louis Napoléon Conneau (1856-1930), Albert Gérard d’Amade (1856-1941), Marie Joseph de Castelli (1856-1933), futurs généraux de division, commandants de corps d’armée ; Joseph Emile Drouot (1854-1927), petit neveu du général Drouot, le « sage de la Grande Armée », futur général de brigade. Jules Espinasse (58e promotion – promotion « de l’archiduc Albert » (1873-1875) – relate dans ses Mémoires l’épisode suivant : <i> « Profitant des congés de Pâques [avril 1875] Conneau et moi avions décidé de nous rendre en Angleterre. D’autres élèves de Saint-Cyr s’étaient joints à nous : mon vieil ami Masimbert, Drouot, descendant du général, et Pinard, fils du ministre de l’Empire. Cette visite de cinq Saint-Cyriens avait fait le plus grand plaisir au Prince. Nous avions emporté nos effets militaires, et nous nous mîmes en tenue pour dîner avec le Prince et l’Impératrice. Naturellement, cette petite manifestation ne dépassa pas l’enceinte de Camden » </i>. [^4]: Alexandre Najjar, <i>Le censeur de Baudelaire, Ernest Pinard</i>, Paris, La petite vermillon, 2011, p. 274. </body>