CPI-110.md

identifiantCPI-110.md
fait partie dePrince_Impérial
est validéoui
date1873/09/29 00:00
titreLouis Napoléon à Eugène Rouher
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i> CPI </i> - 110- </b> À EUGÈNE ROUHER[^1] , CHEF DU GROUPE DE L’APPEL AU PEUPLE </h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Woolwich, le 29 septembre 1873 </h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je viens vous remercier, cher Monsieur Rouher, des lettres si intéressantes que vous m’avez si exactement envoyées. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mes études, et surtout l’approche des examens, me privent du plaisir que j’aurais à m’entretenir longuement de politique avec vous ; je me bornerai à vous dire que j’ai lu dans les journaux la lettre du prince Napoléon[^2] . J’ai été vivement contrarié de cet acte d’indiscipline ; il va compliquer la situation en se posant comme le chef du parti. Il ne l’est pas et ne le sera pas. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Veuillez me rappeler au bon souvenir de ces dames, et croyez, cher Monsieur Rouher, à mes sentiments affectueux. [^3] </p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Napoléon </i></h3> [^1]: Eugène Rouher (1814-1884). Nommé en 1855 ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, il est élu sénateur en 1856 et fait son entrée au Conseil privé en 1859. Président du Conseil d’Etat en 1863, puis ministre d’Etat, il a en charge la défense au Corps Législatif de la politique intérieure et extérieure de l’Empire : il est alors qualifié de « Vice-Empereur ». L’avènement du ministère Ollivier, le 2 janvier 1870, amenuise son influence politique. Président du Sénat jusqu’au 4 septembre 1870, il rejoint l’Impératrice en Angleterre. Il est élu représentant de la Corse en 1872 et siège dans le groupe de l’Appel au Peuple. En 1873, il prend la direction effective du parti bonapartiste. Rouher est élu député le 20 février 1876 dans la 1ère circonscription de Riom, puis réélu le 14 octobre 1877. Après la mort du Prince Impérial, il se retire progressivement de la vie politique. [^2]: Napoléon-Jérôme (1822-1891), cousin germain de Napoléon III, est le second fils de l’ex-roi Jérôme et de Catherine de Wurtemberg. Elu représentant de la Corse à l’assemblée constituante en 1848, puis réélu député de la Sarthe lors des élections législatives de 1849, il vote le plus souvent avec la gauche. L’Empire restauré, il n’hésite pas à s'opposer à Napoléon III : il incarne alors l'aile gauche - anticléricale et démocrate - du mouvement bonapartiste. A la demande de l'Empereur, Napoléon-Jérôme se marie avec la fille du roi de Piémont-Sardaigne, Clotilde-Marie-Thérèse de Savoie (1859). Favorable à la cause italienne, il est envoyé à Livourne avec un corps d’armée. Pendant la guerre de 1870, le Prince Napoléon n’obtient aucun commandement ; il entreprend cependant de rallier son beau-père, le roi Victor Emmanuel II, à la cause française mais échoue. Après la capitulation de Sedan, il se retire avec sa famille au château de Prangins, en Suisse. Il est élu conseiller général de la Corse en 1871 et député en 1876. De vifs dissentiments (de nature politique et dynastique) opposent le Prince Napoléon au Prince Impérial. Ces désaccords mènent à une rupture définitive entre les deux hommes, provoquant une césure au sein du groupe de l'Appel au peuple : si quelques notables éclairés soutiennent Napoléon-Jérôme, la très grande majorité des impérialistes suit l'héritier de Napoléon III. La mort héroïque du prétendant en 1879 consacre cette fracture, opposant désormais le père au fils : les bonapartistes se rallient majoritairement au Prince Victor-Napoléon, désigné successeur du Prince Impérial. [^3]: Archives Nationales, 400/AP 44. </body>