| identifiant | CPI-078.md |
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| fait partie de | Prince_Impérial |
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| est validé | oui |
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| date | 1872/01/14 00:00 |
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| titre | Louis Napoléon au Général Frossard |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i> CPI </i> - 078- </b> AU GÉNÉRAL FROSSARD[^1] , ANCIEN GOUVERNEUR DE LA MAISON MILITAIRE DU PRINCE </h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Camden Place, Chislehurst (Kent), le 14 janvier 1872 </h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon cher Général, votre bonne et affectueuse lettre m’a causé un grand plaisir. Toutes celles qui me parviennent à cette époque ne me produisent pas la même joie, et vous savez, Mon Général, par expérience que de répondre aux compliments de bonne année que je reçois n’est pas une petite tâche. J’ai donc voulu attendre un peu pour vous répondre à loisir et vous donner, comme il convient, des renseignements détaillés sur la vie que nous menons ici : je me lève d’assez bonne heure, je travaille ensuite jusqu’à onze heures avec une interruption de travail pour souhaiter le bonjour à l’Empereur, déjeuner et faire un petit tour de promenade. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Dans la journée, j’ai mes récréations et mes heures d’étude à peu près arrangées comme autrefois. Je monte toujours beaucoup à cheval, mais un autre exercice est venu se joindre au premier : je prends depuis un mois et demi des leçons d’escrime et de gymnastique qui m’amusent beaucoup. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Dans l’après-midi viennent les professeurs de Londres, soit celui d’allemand[^2] , soit celui de mathématiques[^3] . Les sciences m’occupent beaucoup, surtout la trigonométrie que je viens de commencer. Notre professeur est excellent et enseigne fort bien, mais le système anglais est tellement compliqué quant aux poids et aux mesures qu’il me semble que tout me paraitra facile quand je reprendrai les méthodes françaises. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Vous savez sans doute que je vais à King’s college qui est considéré comme un des meilleurs collèges de Londres ; j’y suis, avec beaucoup d’intérêt, des cours de mécanique et de physique. J’espère que quand nous nous reverrons, vous pourrez me <u>coller</u> (vous savez que c’est l’expression consacrée) en géométrie et en algèbre, et que vous me trouverez ferré à glace. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’ai appris par Bourgoing[^4] , qui est venu me voir pour le premier de l’an, que Maxime[^5] était le plus fort de sa classe ; embrassez-le de ma part bien affectueusement, je vous prie, et remerciez-le de la bonne lettre qu’il m’a écrite et que je conserverai précieusement. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> L’Empereur et moi nous avons lu avec un grand intérêt la brochure que vous avez publiée sur Metz[^6] . Papa s’en sert journellement pour un grand ouvrage[^7] auquel il travaille en ce moment. Il m’a répété plusieurs fois qu’il en faisait le plus grand cas. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Pendant mon séjour à Torquay[^8] , la Grande duchesse Marie de Russie[^9] m’a parlé de vous dans les termes les plus sympathiques et m’a chargé de vous faire ses amitiés. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Adieu, Mon Général, veuillez présenter mes hommages à Madame Frossard[^10] et complimenter bien amicalement votre fils de ma part, et croyez, je vous prie, aux sentiments de respectueux attachement que vous portera toujours, </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre affectionné, [^11] </p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Louis Napoléon </i></h3>
[^1]: Charles Auguste Frossard (1807-1875), général de division. Ayant pris une part brillante à la campagne d’Italie, il fut attaché à la mission extraordinaire du duc, alors comte, de Morny, à Saint-Pétersbourg, et à Moscou, lors du couronnement de l’empereur Alexandre. Le 15 mars 1867, le général Frossard fut nommé chef de la maison militaire et gouverneur du Prince Impérial. Au moment où la guerre éclata en 1870, il dirigeait le camp de Châlons et devint commandant du 2e corps de l’armée du Rhin.
[^2]: M. Lennheim (« Le Quatrième Napoléon », Léonce Dupont, p. 211).
[^3]: M. Richards (« Le Quatrième Napoléon », Léonce Dupont, p. 211).
[^4]: Pierre (La Beaume) de Bourgoing (1857-1916). Ami intime du Prince Impérial, Pierre est le fils de Philippe de Bourgoing, écuyer de l’Empereur Napoléon III puis député de la Nièvre, et de Anna Marie Léonie Dollfus, sœur de Camille, député du Lot-et-Garonne de 1863 à 1869, gendre du baron Hausmann. Malgré son très jeune âge, il s’engage dès le début de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 en tant que garde mobile bénévole, au 12e régiment des Mobiles de la Nièvre (17 août 1870). Il passe au 9e régiment d’éclaireurs à cheval en décembre 1870 et est licencié le 15 mars 1871. Reçu à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en octobre 1877, il fait partie de la 62e promotion – promotion de <i>Novi Bazar </i>(1877-1879) - et en sort, deux ans plus tard, avec le n° 79. Pierre de Bourgoing suit les cours de l'Ecole de cavalerie du 1er novembre 1879 au 31 août 1880 en tant qu'officier élève. Promu lieutenant le 10 février 1883, il est affecté au 6e Régiment de Dragons, puis est détaché en qualité d'officier d'ordonnance auprès du Maréchal Canrobert (du 18 juillet 1884 au 19 avril 1889). Il est nommé capitaine le 30 octobre 1888. Démissionnaire le 19 avril 1889, il reste officier de réserve (capitaine territorial de cavalerie au Service d'Etat Major du 13e, puis du 8e corps d'armée). Le baron de Bourgoing emploie son temps à collectionner les souvenirs du Second Empire et à écrire divers ouvrages historiques : Souvenirs militaires (1791-1815) du baron de Bourgoing, 1897, éd. Librairie Plon ; Le duc de Mortemart et le baron de Bourgoing - souvenirs anecdotiques, 1904, éd. Emile-Paul ; … Quand éclate la Grande Guerre, Pierre de Bourgoing est rappelé et placé au 21e Régiment de Dragons ; il est ensuite détaché à l'Etat Major de la 7e armée. Il y meurt de maladie contractée en service, en janvier 1916.
[^5]: Maxime Frossard (1858-1893), compagnon de jeu du Prince Impérial, est le fils du général Charles Frossard.
[^6]: <i>« Rapport sur les opérations du deuxième corps de l'armée du Rhin dans la campagne de 1870. 1ère partie, Depuis la déclaration de guerre jusqu'au blocus de Metz »</i> par le général Frossard ; Paris : J. Dumaine, 1871.
[^7]: <i>« Les Forces militaires de la France en 1870 » </i>(brochure écrite en 1872 par le comte de la Chapelle, mais dont le véritable auteur fut l’Empereur).
[^8]: Après avoir accompagné Eugénie à Southampton (15 septembre), d’où elle s’embarqua pour l’Espagne aux fins de visiter sa mère, Napoléon III et le Prince Impérial séjournèrent jusqu’au 27 octobre 1871 à Torquay, haut lieu de villégiature situé dans le sud de l’Angleterre.
[^9]: La grande duchesse Maria Nikolaïevna de Russie (1819-1876), fille de Nicolas Ier de Russie, duchesse de Leuchtenberg.
[^10]: Marie Anne Pauline Virginie Frossard, née Goyard (1819-1900).
[^11]: Vente Cortot & Associés du 1er février 2020 (lot 78 : ensemble de treize lettres du Prince impérial).
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