| identifiant | CPI-072.md |
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| fait partie de | Prince_Impérial |
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| est validé | oui |
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| date | 1871/02/27 00:00 |
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| titre | Louis Napoléon à Pierre de Bourgoing |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i> CPI </i> - 072- </b> À PIERRE DE BOURGOING, SON AMI[^1] </h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Camden Place, le 27 février 1871 </h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon cher Bourgoing, c'est un bien grand soulagement pour nous qui sommes si loin du pays, de penser qu'à présent on ne se bat plus en France[^2] , en effet vous ne sauriez croire combien c'est pénible quand on ne peut faire pour sa patrie que des vœux, de penser qu'à chaque minute qui s'écoule des centaines de français tombent sur les champs de bataille. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> On se reproche presque chaque bouchée de viande, chaque gorgée de vin en pensant aux pauvres gens qui meurent presque de faim dans nos villes et dans nos places fortes. Espérons que la fin de nos misères est proche et que la France pourra bientôt fermer ses plaies. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Croyez bien mon cher Pierre que je pense souvent à vous ! Je regrette bien les jours où je vous voyais presque tous les dimanches, et nos grandes parties à Paris ou à Saint-Cloud[^3] , qui a été brûlé[^4] comme vous le savez sans doute. Qui aurait dit quand nous nous y battions à coups de marrons l'été dernier que les Français et les Prussiens s'y égorgeraient ! </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Faites, je vous prie, mes amitiés sincères à M. et à Mme de Bourgoing. Je vous embrasse de tout cœur, votre très affectionné ami, [^5] </p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Louis Napoléon </i></h3>
[^1]: Pierre (La Beaume) de Bourgoing (1857-1916). Ami intime du Prince Impérial, Pierre est le fils de Philippe de Bourgoing, écuyer de l’Empereur Napoléon III puis député de la Nièvre, et de Anna Marie Léonie Dollfus, sœur de Camille, député du Lot-et-Garonne de 1863 à 1869, gendre du baron Hausmann. Malgré son très jeune âge, il s’engage dès le début de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 en tant que garde mobile bénévole, au 12e régiment des Mobiles de la Nièvre (17 août 1870). Il passe au 9e régiment d’éclaireurs à cheval en décembre 1870 et est licencié le 15 mars 1871. Reçu à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en octobre 1877, il fait partie de la 62e promotion – promotion de Novi Bazar (1877-1879) - et en sort, deux ans plus tard, avec le n° 79. Pierre de Bourgoing suit les cours de l'Ecole de cavalerie du 1er novembre 1879 au 31 août 1880 en tant qu'officier élève. Promu lieutenant le 10 février 1883, il est affecté au 6e Régiment de Dragons, puis est détaché en qualité d'officier d'ordonnance auprès du Maréchal Canrobert (du 18 juillet 1884 au 19 avril 1889). Il est nommé capitaine le 30 octobre 1888. Démissionnaire le 19 avril 1889, il reste officier de réserve (capitaine territorial de cavalerie au Service d'Etat Major du 13e, puis du 8e corps d'armée). Le baron de Bourgoing emploie son temps à collectionner les souvenirs du Second Empire et à écrire divers ouvrages historiques : Souvenirs militaires (1791-1815) du baron de Bourgoing, 1897, éd. Librairie Plon ; Le duc de Mortemart et le baron de Bourgoing - souvenirs anecdotiques, 1904, éd. Emile-Paul ; … Quand éclate la Grande Guerre, Pierre de Bourgoing est rappelé et placé au 21e Régiment de Dragons ; il est ensuite détaché à l'Etat Major de la 7e armée. Il y meurt de maladie contractée en service, en janvier 1916.
[^2]: Les préliminaires de paix ont été signés la veille, à Versailles (26 février 1871).
[^3]: Les fils des familiers des souverains se rendaient, généralement le dimanche, auprès de l’héritier impérial : la journée se passait en jeux bruyants et variés. Le général Jules Espinasse, évoquant dans ses Mémoires l’époque heureuse des réunions dominicales autour du Prince Impérial, raconte :<i> « Ce jour-là venaient jouer avec le Prince, outre Conneau et moi (Conneau toujours présent, moi les dimanches, jeudis et jours de fêtes), les deux fils du général Fleury, Maurice et Adrien, gentils petits garçons, distingués et fins, mais un peu délicats à cette époque ; Pierre de Bourgoing, fils de l’écuyer de l’Empereur, joli enfant alerte, bien découplé, leste et gai ; Scipion et Gaston Corvisart, fils du médecin de l’Empereur, intelligents, énergiques, pleins d’entrain et de cœur. Enfin Joachim Murat, fils du Prince Murat, colonel commandant les Guides, cousin de l'Empereur. A celui-là, solide, vigoureux, adroit et entraîné à tous les exercices, d’un caractère franc, naturel et foncièrement gai, je vouai, dès que je l'eus connu, une affection qui ne s'est jamais démentie. Nous formions un ensemble plein de gaîté et de joyeuse camaraderie : point d’étiquette ni de courtisanerie, nous nous tutoyions tous. Seul, le Prince nous disait « vous », et nous l’appelions Prince ou Monseigneur »</i> (p. 226).
[^4]: Le 19 septembre 1870, lors du siège de Paris, le château et ses annexes furent occupés par les Prussiens, puis incendiés le 13 octobre 1870 par des obus tirés depuis le mont Valérien.
[^5]: <i>Le Prince Impérial</i>, André Martinet, 1895, p. 200 / Catalogue « Second Empire », librairie Teissèdre, 2005.
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