CPI-069.md

identifiantCPI-069.md
fait partie dePrince_Impérial
est validéoui
date1870/12/29 00:00
titreLouis Napoléon au Docteur Baron Corvisart
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i> CPI </i> - 069- </b> AU DOCTEUR BARON CORVISART[^1] </h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Camden Place, Chislehurst, le 29 décembre 1870 </h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon cher Monsieur Corvisart, je n’ai pas besoin de vous dire combien votre bonne lettre m’a causé de plaisir ; je voudrais bien être à Wilhelmshoehe[^2] pour souhaiter la bonne année à tous mes amis. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’espère que 1871 sera moins funeste à nos armées que 1870, et que nous verrons nos conscrits et nos garde-mobiles triompher des vieux soldats prussiens. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je serai bien heureux aussi de voir vos enfants[^3] ; ce me serait une bien douce consolation de voir, dans ces circonstances si pénibles pour la France et pour nous, les amis que l’on a connus et que l’on a aimés dans des jours plus heureux. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous prie de dire à Tristan[^4] bien des choses de ma part, ainsi qu’à tous ces messieurs. Adieu donc, mon cher Monsieur Corvisart. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre affectionné, [^5] </p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Louis Napoléon </i></h3> [^1]: Lucien Corvisart (1824-1882) est le petit neveu du 1er médecin de Napoléon 1er, Jean Nicolas Corvisart. En 1853, l’Empereur l’attache à sa personne comme médecin par quartier, puis comme médecin ordinaire et adjoint au 1er médecin, Henri Conneau. En 1866, Napoléon III lui donne le titre de baron. Lorsque Napoléon III part pour Sedan, il le suit. Il partage la détention de l’Empereur au château de Wilhelmshoehe, à Cassel. La paix signée entre l’Allemagne et la France, Lucien Corvisart s’établit à Chislehurst près du souverain déchu. Il est l'un des six médecins qui signent le bulletin d’opération pour l’extraction de la pierre, à laquelle succombe l’Empereur. Il a, 6 ans plus tard, le triste privilège d’identifier le corps du Prince Impérial au retour du Zululand (le procès-verbal dressé le 11 juillet 1879 par les docteurs Corvisart et Larrey comptabilisera dix-sept blessures). [^2]: Après la capitulation de Sedan, le 2 septembre 1870, Napoléon III est conduit en captivité en Allemagne près de Cassel, au château de Wilhelmshoehe, ancienne résidence du roi de Westphalie, son oncle Jérôme. Il y sera retenu prisonnier jusqu’au 18 mars 1871. [^3]: Le docteur baron Corvisart eut 3 enfants : Scipion, Gaston et Lucie. [^4]: Tristan Lambert (1846-1929) est le fils d’Aimé, 2e baron Lambert, chef d'escadron et commandant de Vénerie de Napoléon III. Il s'engage dans l'armée en 1870 et participe aux combats livrés sous Metz. Il partage la captivité de l'Empereur au château de Wilhelmshoehe, en Allemagne. Bonapartiste militant, il se présente aux élections législatives de 1876, dans l'arrondissement de Fontainebleau. Il est élu député de Seine-et-Marne et siège dans le groupe de l'Appel au peuple. Après la dissolution de la Chambre, en 1877, il se représente aux électeurs de Fontainebleau mais échoue à se faire réélire. La disparition tragique du Prince Impérial, dont il fut l’ami intime, le 1er juin 1879, le conduit à abandonner le parti bonapartiste. Il se rallie au comte de Chambord puis, après la mort de celui-ci, au comte de Paris. Il fonde un journal dont la devise est : « Dieu et le Roi » et applaudit à la création de l'Action française.<i> « Tristan Lambert, tempérament ultra-monarchique, avait la nostalgie de la Légitimité à laquelle il est retourné depuis. Avec des idées très arrêtées, trop arrêtées, et des convictions religieuses infiniment respectables, mais légèrement intolérantes, il avait une originalité qui amusait le Prince et une bonhomie qui lui permettait de jouer avec des enfants plus jeunes que lui de dix ou douze ans, et même de se laisser un peu tourmenter par eux »</i> (p. 56-57, Le Prince Impérial, souvenirs et documents, Augustin Filon). [^5]: Collection Pierre d’Harville. </body>