CPI-067.md

identifiantCPI-067.md
fait partie dePrince_Impérial
est validéoui
date1870/12/10 00:00
titreLouis Napoléon au Général Frossard
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i> CPI </i> - 067- </b> AU GÉNÉRAL FROSSARD[^1] , ANCIEN GOUVERNEUR DE LA MAISON MILITAIRE DU PRINCE </h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Camden Place, le 10 décembre 1870 </h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon cher Général[^2] , je vous remercie bien de votre aimable lettre. J’ai été bien heureux d’avoir de vous quelques détails sur Metz et sur le malheureux siège de cette ville[^3] . </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Que de choses se sont passées depuis Longeville où je vous ai vu pour la dernière fois, que de malheureux évènements se sont déroulés devant nous dans cet espace de 4 mois ! Qui aurait dit, quand l’Empereur vint à Metz[^4] au milieu de cette belle armée, qu’il finirait la campagne prisonnier en Prusse[^5] , et que cette même armée serait forcée de s’enfermer dans une place forte et d’y rester pendant 2 mois ? </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je n’ai pas oublié, au milieu de nos malheurs, le 2e corps avec qui j’ai reçu le baptême du feu[^6] . Mon grand regret est de n’avoir pu souffrir, avec les héroïques soldats de l’armée française, les privations qu’ils ont endurées pendant 2 mois, avec le courage digne de leur passé. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Adieu, mon cher Général </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre affectionné, [^7] </p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Louis Napoléon </i></h3> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> <i>PS </i>: veuillez avoir la bonté de faire mes amitiés à M. votre fils Henri et d’embrasser pour moi Maxime[^8] , si vous lui écrivez. </p> [^1]: Charles Auguste Frossard (1807-1875), général de division. Ayant pris une part brillante à la campagne d’Italie, il fut attaché à la mission extraordinaire du duc, alors comte, de Morny, à Saint-Pétersbourg, et à Moscou, lors du couronnement de l’empereur Alexandre. Le 15 mars 1867, le général Frossard fut nommé chef de la maison militaire et gouverneur du Prince Impérial. Au moment où la guerre éclata en 1870, il dirigeait le camp de Châlons et devint commandant du 2e corps de l’armée du Rhin. [^2]: Après la capitulation de Metz, le général Frossard fut fait prisonnier et interné en Allemagne. [^3]: Le siège de Metz, commencé le 20 août 1870, s’acheva le 28 octobre par la capitulation du Maréchal Bazaine ; celle-ci entraîna la perte de 3 maréchaux, 6000 officiers, 170000 hommes environ, de 1600 canons, 278000 fusils, 3 millions d’obus et 23 millions de cartouches. [^4]: L’Empereur et sa suite arrivèrent à la gare de Metz, le jeudi 28 juillet 1870 à 7 heures du soir. [^5]: Après la capitulation de Sedan, le 2 septembre 1870, Napoléon III est conduit en captivité en Allemagne près de Cassel, au château de Wilhelmshoehe, ancienne résidence du roi de Westphalie, son oncle Jérôme. Il y sera retenu prisonnier jusqu’au 18 mars 1871. [^6]: Le 2 août 1870, le Prince assiste à la bataille de Sarrebruck, où il reçoit le baptême du feu. [^7]: Vente Cortot & Associés du 1er février 2020 (lot 77 : ensemble de quatre lettres du Prince impérial) / Vente Osenat du 28 juillet 2020 (lot 100). [^8]: Maxime Frossard (1858-1893), compagnon de jeu du Prince Impérial, est le fils du général Charles Frossard. </body>