| identifiant | CPI-063.md |
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| fait partie de | Prince_Impérial |
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| est validé | oui |
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| date | 1870/08/24 00:00 |
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| titre | Louis Napoléon à Louis Conneau |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i> CPI </i> - 063- </b> À LOUIS CONNEAU[^1] , SON AMI </h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Rethel[^2] , le 24 août 1870 </h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon cher Conneau, il y a déjà longtemps que je ne vous ai écrit, et il s’est passé bien des choses depuis ce temps ; nous avons essuyé des échecs mais les Prussiens n’ont pas été exempts de revers. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Voilà déjà plus de 4 fois que nous les battons coup sur coup et je trouve que pour avoir tant parlé de nos défaites on parle bien peu de nos victoires ; les Prussiens sont écrasés, harassés, vaincus non pas par le nombre mais par la bravoure de nos soldats. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> A Reichshoffen[^3] deux fois nos régiments de Cuirassiers ont percé les lignes prussiennes à la charge, deux fois ils ont sabré les réserves à travers les obstacles qu’on opposait à leur marche ; nos canonniers se sont fait hacher sur leurs pièces plutôt que de se rendre, et les Prussiens après chaque combat laissent des tas immenses de morts et de blessés. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ils y regardent à deux fois maintenant avant de faire un pas en avant. Quand on sait que dans un pays comme la France il y a 5 millions d’hommes pareils à ceux que les Prussiens combattent, çà ne doit pas vous encourager à violer le sol de la nation Française ni rassurer ses ennemis. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous embrasse tendrement mon cher Conneau, </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre affectionné ami, [^4] </p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Louis Napoléon </i></h3>
[^1]: Louis Conneau (1856-1930), ami intime du Prince Impérial. Fils du sénateur et médecin de Napoléon III, Henri Conneau, il est élevé dans l’ambiance de la Cour Impériale. Il fait partie de la petite pléiade de camarades parmi lesquels le Prince Impérial a choisi ses amitiés définitives. Après la chute de l’Empire, il suit le Prince en exil. Admis tous deux à l’Académie militaire royale de Woolwich (1872), Louis Conneau quitte son ami en 1874 pour se présenter à Saint-Cyr (22 octobre) ; il en sort, le 1er octobre 1876, sous-lieutenant au 2e Cuirassiers, avec le n° 123. Il passe au 23e régiment de Dragons le 24 octobre 1877, après avoir suivi les cours de l’Ecole de cavalerie comme élève officier, du 1er novembre 1876 au 13 octobre 1877. Lieutenant au 6e Dragons (1880), il est promu capitaine au 9e Chasseurs (1883), chef d'escadrons au 3e Spahis (1897), lieutenant-colonel au 5e Chasseurs d'Afrique (1900) et colonel au 14e Hussards (1903). Louis Conneau est nommé général de Brigade au 1er Chasseurs (1909) et général de Division, commandant le 1er corps de Cavalerie (pendant la Grande Guerre). Il décède à Chaville (Hauts-de-Seine) le 29 janvier 1930, à l'âge de 74 ans.
[^2]: Le Prince Impérial arriva à Rethel le 23 août, vers 3 heures. Il descendit à la sous-préfecture, où il fut rejoint par son père, le lendemain, venu de Bétheniville. Tous deux y demeurèrent jusqu’au 27 août (R. Minon, <i>« les derniers jours du Prince Impérial sur le continent »</i>, librairie A. Charles).
[^3]: Bataille de Frœschwiller-Woerth (connue également sous le nom de bataille de Reichshoffen), au cours de laquelle, le 6 août 1870, les charges brillantes et vigoureuses des cuirassiers français, lancés contre les batteries prussiennes, permirent de couvrir la retraite des troupes impériales.
[^4]: Vente Osenat du 5 mars 2016, collection Christopher Forbes (lot 106) / Vente Thierry de Maigret du 28 juin 2019, collection Amaury Taittinger (lot 252).
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