83_LasCases_SH

identifiant83_LasCases_SH
fait partie deSainte-Hélène
est validéoui
date1818/06/04 00:00
titreCardinal Fesch à Emmanuel de Las Cases
texte en markdown<body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>Las Cases_SH - 83.</i> - </b> Du cardinal Fesch à Emmanuel de Las Cases</h1> <h2 data-kind="letter-context" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">De Rome, le 4 juin 1818</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Monsieur le comte, le 16 mai, j’eus l'honneur de vous écrire, en vous envoyant une lettre de change de 30 000 francs payables à MM. frères Mulher banquiers à Francfort, chez MM. Perrégaux-Laffitte à Paris, tirée par M. Torlonia de Rome.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Après avoir attendu trois mois environ la lettre du cardinal Consalvi, secrétaire d'État, qui sous des prétextes diplomatiques n'a pas encore écrit à Lord Castlereagh, pour appuyer, au nom du Saint-Père, ma demande pour l'envoi d'un aumônier à Sainte-Hélène, je me suis décidé à l'adresser de moi-même, sans cesser cependant de solliciter l'intervention susdite du Saint-Père ; et j'ai remis au consul anglais, demeurant à Rome, le duplicata de ce que vous trouverez ci-joint, afin que vous ayez la complaisance de l'expédier de Francfort, d'où cette pétition arrivera plus sûrement à son adresse.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Il est d'autant plus nécessaire qu'elle arrive le plus tôt possible, s'il est vrai surtout ce que les gazettes annoncent, qu'on a fait partir de Paris un certain abbé Ducroix pour se rendre à Sainte-Hélène en qualité d'aumônier de l'Empereur. Il est à croire que le secrétaire d'État ait toujours différé à remplir les vues de Sa Sainteté, pour donner le temps aux Bourbons d'envoyer un de leurs serviteurs, et par là neutraliser ma demande. Peut-être si elle arrivait à temps à Londres, nous obtiendrions d'expédier une personne plus convenable.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Nous espérons que vous nous direz quelque chose relativement à l'arrivée en Europe du général Gourgaud[^3].</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Nous, nous portons tous bien. La princesse Pauline se prépare à partir pour les eaux de Lucques. On ne le lui permit pas l'année dernière, mais après avoir consulté les cabinets de Paris, Madrid etc., on le lui permet cette année-ci ; et comme ces incommodités l'obligent d'y aller par mer, dans la crainte qu'elle ne révolutionnât pas la Corse, on voulait la faire accompagner comme une prisonnière par un officier. Mais j'ai fait sentir au secrétaire d'État qu'on se déshonorait en prenant de semblables précautions, et je crois qu'elle partira librement. Cependant personne de la famille n’approuve le voyage qu'elle va faire, dans les circonstances où nous nous trouvons.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Madame s'occupe de son déménagement. Elle me charge de vous dire mille choses affectueuses.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Agréez, Monsieur le comte, l'expression du sincère attachement avec lequel je suis.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Votre très dévoué et affectionné serviteur,[^4]</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>J. Card. Fesch</i></h3> [^1]: Mention « reçue le 24 juin ». [^2]: Le cardinal Fesch se trompe en parlant des frères Mulher dans le texte : il faut lire les frères Mulhens. [^3]: Gourgaud a négocié son départ de Sainte-Hélène en livrant des informations à Hudson Lowe. Il quitta l’île le 14 mars 1818. Arrivé à Londres, déçu de l’attitude anglaise, il se rapprocha des bonapartistes. [^4]: Expédition, collection privée. </body>
lieu