61_LasCases_SH

identifiant61_LasCases_SH
fait partie deSainte-Hélène
est validéoui
date1818/11/09 00:00
titreJérôme Bonaparte à Félix Desportes
texte en markdown<body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>Las Cases_SH - 61.</i> - </b> Jérôme Bonaparte à Félix Desportes[^1]</h1> <h2 data-kind="letter-context" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönau, 9 novembre 1818</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Monsieur le baron Félix Desportes, votre lettre du 24 m’est parvenue hier. Je me réjouis de voir une partie de nos compatriotes rendus à leurs pénates, mais ne puis m'expliquer comment une mesure pareille n'est pas générale : le temps est passé où l'on appartenait à un maître, les hommes ne sont plus que les citoyens d'un pays libre, et dès lors une mesure prise dans l'intérêt de ce même pays doit cesser pour toutes les parties en même temps. Je vous assure que je pardonnerais volontiers à mes ennemis s'ils rendaient notre chère France heureuse, et par conséquent indépendante et forte. Mais je gémis lorsque je vois un Anglais maître dans Paris.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Dites à l'ami de Manheim, que sans faire de bruit, je n'ai pas perdu mon temps, et compte encore le mieux employer bientôt etc. Tenez-moi je vous prie, au courant de tout ce qui regarde les Français de Texas ; peut-être un jour irai-je partager leur Champ, et contribuer au bien-être commun[^2].</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Parlant à un Français, je ne crains pas de le désobliger en le chargeant de faire payer sur les dix-huit cents francs que je joins à cette lettre, 1 500 francs au général Allix[^3], pour l'aider à rentrer en France, et 300 francs à la veuve de l'enseigne de vaisseau qui en 1804 commandait la prame la <i>Ville d'Anvers</i>, et qui soutint si vaillamment plusieurs combats contre nos ennemis, je ne la connais pas et elle ne doit pas me connaître. Comme je connais et l'excellent cœur et la mauvaise tête d'Allix, s'il venait à refuser ce que je lui offre, je vous prie de distribuer cette même somme à des Français malheureux. Vous savez mieux que personne, Monsieur le baron Desportes, comment il faut offrir à des Français sans que la délicatesse puisse en souffrir. Recevez l'assurance de mon constant et réel attachement. Votre affectionné,[^4]</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Jérôme</i></h3> [^1]: Félix Desportes (1763-1849), préfet et baron de l’Empire, exilé lors de la Seconde Restauration. [^2]: Il s’agit du Champ d’asile, colonie texane fondée par d’anciens officiers impériaux proscrits. [^3]: Jacques Alexandre Allix de Vaux (1768-1836), exilé par l’ordonnance du 24 juillet 1815, autorisé à rentrer en France le 23 décembre 1818. [^4]: Expédition, collection privée. </body>