44_LasCases_SH

identifiant44_LasCases_SH
fait partie deSainte-Hélène
est validéoui
date1820/05/12 00:00
titreHortense de Beauharnais à Emmanuel de Las Cases
texte en markdown<h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>Las Cases_SH - 44.</i> - </b> D’Hortense de Beauharnais à Emmanuel de Las Cases</h1> <h2 data-kind="letter-context" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Augsbourg, 12 mai 1820</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je reçois, Monsieur, les nouvelles que vous me donnez de Sainte-Hélène. J'apprends avec bien de la peine que l'Empereur va se trouver absolument seul par le départ des généraux Bertrand et Montholon, mais je ne connais absolument personne qui puisse les remplacer. Les frères de l'Empereur sauront peut-être trouver mieux que moi quelqu'un qui puisse lui convenir, je ne puis avoir que des idées vagues là-dessus. Le général Drouot est un de ces hommes que l'Empereur estimait le plus, il vit dit-on à Nancy retiré du monde, et s'il connaissait peut-être l'isolement où va se trouver l'Empereur serait-il heureux de partager son infortune ; mais dans de semblables circonstances, c'est à celui qui veut bien se dévouer à se proposer, et qui oserait s'engager à quitter son pays pour toujours. Je viens de lire un ouvrage d'un monsieur Fleury de Chaboulon[^1], il y paraît dévoué à l'Empereur ; mais cela serait-il au point de tout quitter pour lui ? Monsieur de Planat qui avait désiré l'accompagner une fois voudrait-il y retourner[^2] ? Voici les trois personnes qui me paraissent indépendantes par leur position, et si Monsieur de Las Cases leur écrivait, il saurait à quoi s'en tenir sur leurs intentions. Dans ces tristes circonstances, c'est un dévouement héroïque qu'il faut rencontrer, car l'intérêt n'a plus rien à faire là où Monsieur de Las Cases a prouvé qu'il pouvait encore exister des hommes que le malheur attache, et qui savent sacrifier leur propre intérêt au besoin de soulager une noble infortune. Dieu veuille qu'il s'en trouve encore, car l'idée de savoir l'Empereur abandonné par tout le monde est aussi triste pour ceux qui lui sont attachés que pour ceux qui ont encore besoin d’estimer notre faible humanité. Je serai bien aise d'être instruite par vous de ce que la famille de l'Empereur aura décidé.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Croyez Monsieur, au plaisir que je trouve à vous assurer des sentiments que je vous ai voués.[^3]</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Hortense</i></h3> [^1]: Pierre Alexandre Edouard de Fleury de Chaboulon (1779-1835) a publié en 1820 : Les Cent-Jours. Mémoires pour servir à l’histoire de la vie privée, du retour, et du règne de Napoléon en 1815. [^2]: Lors du départ vers Sainte-Hélène, Nicolas Louis Planat de Lafaye (1784-1864) qui avait été officier d’ordonnance sous l’Empire, avait été remplacé à la dernière minute par Gourgaud. [^3]: Expédition, collection privée.