05_LasCases_SH

identifiant05_LasCases_SH
fait partie deSainte-Hélène
est validéoui
date1818/06/10 00:00
titreJoseph Bonaparte à Emmanuel de Las Cases
texte en markdown<body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b>Las Cases_SH - <i>05</i> - </b>Joseph Bonaparte à Emmanuel de Las Cases</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Philadelphie, 10 juin 1818</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Monsieur le comte, j’ai reçu votre lettre de Francfort, mais non celle du Cap de Bonne-Espérance : je suis affligé de ce que vous me dites de l’Empereur puisqu’il n’est pas dans mon pouvoir d’y porter remède, le temps sans doute doit mettre un terme au système inique adopté contre sa personne mais le temps aussi nous use tous. Cependant je n’ai pas prêté l’oreille aux diverses propositions qui m’ont été faites pour tenter sa délivrance, persuadé qu’une tentative semblable ne pourrait qu’empirer sa situation en fournissant les prétextes à ses ennemis. J’ai dû aussi me beaucoup défier de ces faiseurs de projets ; un de mes valets de chambre arrivant de Francfort m’assure que c’était aussi l’opinion de ma femme[^1] et la vôtre.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Deux domestiques de l’Empereur sont arrivés ici il y a un an[^2], ils y sont encore, ils étaient partis de Sainte-Hélène après vous, porteurs d’une lettre ouverte du maréchal Bertrand[^3] ; je regrette que vous ne soyez aussi arrivé dans le seul pays où l’on peut professer des opinions vraies et avouer des sentiments généreux sans paraître singulier, cependant si votre séjour en Europe devait être plus utile à l’Empereur, je partage les sentiments qui vous font désirer d’y rester.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Ma femme me mande qu’elle a le plaisir de vous voir quelquefois, je lui écris de se concerter avec vous, Monsieur, sur ce qu’il serait en notre pouvoir de faire pour l’Empereur. Je ne lui écris pas souvent, répugnant à envoyer des lettres insignifiantes par le canal du ministère anglais. D’après ce que ma femme me dira, car j’ai toujours l’espoir de la voir cet automne, sur ce qu’elle me mandera, je m’empresserai de faire tout ce que mon frère a droit d’attendre de ma tendresse pour lui : ma femme […][^4].</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">En attendant je vous prie, Monsieur, d’agréer l’effet ci-joint sur M.M. Baring Brothers de Londres, et de ne pas douter de mes vœux et de mes tendres sentiments pour vous Monsieur le Comte. Je recevrai avec bien du plaisir de vos nouvelles.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Votre affectionné,</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Joseph, comte de Survilliers</i></h3> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">À MM. Le Roi, Bayard et Compagnie à New-York.</p> [^1]: Julie Clary (1771-1845), épouse de Joseph depuis 1794. [^2]: Olivier Agricola Archambault, cocher, et Ferdinand Théodore Rousseau, argentier et lampiste de la Maison impériale. En octobre 1816, ils ont été victimes de la réduction de personnel d’Hudson Lowe, et ont été expulsés au Cap. Ils se sont rendus ensuite aux États-Unis où ils sont entrés au service de Joseph Bonaparte. [^3]: Henri Gatien Bertrand (1773-1844), grand maréchal du palais depuis 1813 jusqu’en 1821. [^4]: Suivent deux lignes biffées. [^5]: Expédition, collection privée. </body>