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02_LasCases_SH| identifiant | 02_LasCases_SH |
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| fait partie de | Sainte-Hélène |
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| est validé | oui |
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| date | 1818/08/15 00:00 |
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| titre | Letizia Bonaparte aux souverains |
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| texte en markdown | <body>
<h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none">Las Cases_SH - <i>02</i> - </b> De Letizia Bonaparte aux souverains</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Rome, le 29 août 1818</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Sires, une mère affligée au-dessus de toute expression a espéré depuis longtemps que la réunion de Vos Majestés Impériales et Royales lui rendrait le bonheur.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Il n’est pas possible que la captivité prolongée de l’Empereur Napoléon ne prête pas l’occasion de vous en entretenir, et que votre grandeur d’âme, votre puissance, les souvenirs des événements passés ne portent VV.MM.II. et RR. à vous intéresser pour la délivrance d’un prince qui a eu tant de part à leur intérêt et même à leur amitié.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Laisseriez-vous périr dans un exil de tourments un souverain qui, confiant dans la magnanimité de son ennemi, se jeta dans ses bras ? Mon fils aurait pu demander un asile à l’Empereur son beau-père ; il aurait pu s’abandonner au grand caractère de l’Empereur Alexandre dont il fut jadis l’ami ; il aurait pu se réfugier chez Sa Majesté prussienne, qui sans doute se voyant implorée ne se serait rappelé que son ancienne alliance ; l’Angleterre peut-elle le punir de la confiance qu’il lui a témoignée ?</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">L’Empereur Napoléon n’est plus à redouter : il est infirme. Fut-il plein de santé, eut-il les moyens que la Providence lui mit jadis dans les mains, il abhorre la guerre civile.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Sires, je suis mère, et la vie de mon fils m’est plus chère que ma propre vie. Pardonnez à ma douleur la liberté que je prends d’adresser à VV.MM.II. et RR. cette lettre.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Ne rendez point inutile la démarche d’une mère qui réclame contre la longue cruauté exercée contre son fils.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Au nom de celui qui est bon par essence et dont VV.MM.II. et RR. sont l’image, intéressez-vous à faire cesser les tourments de mon fils : intéressez-vous à sa liberté. Je la demande à Dieu, je la demande à vous qui êtes ses lieutenants sur la terre.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">La raison d’Etat a des limites ; et la postérité qui immortalise tout, adore par-dessus tout, la générosité des vainqueurs.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je suis avec respect</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Sires, de vos majestés impériales et royales, la très humble et très obéissante servante,[^1]</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Madame</i></h3>
[^1]: Expédition, collection privée.
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