maret_86

identifiantmaret_86
fait partie deMaret_Napoleon
est validéoui
date1812/11/11 00:00
titreMaret à Napoléon
texte en markdown<body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>MARET</i> - 86 - </b> MARET, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES À NAPOLÉON</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Vilna, le 11 novembre 1812</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Sire, je transmets à Votre Majesté les duplicatas de la dépêche du général Reynier[^1] de Swisloez le 7 et du rapport qu’en a fait hier M. Trembicki. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’y joins la copie d’une lettre que je viens de recevoir de M. le général de Wrede[^2], en date de Danielowice, le 10. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je réponds ensuite à la lettre en chiffre que Votre Majesté a daigné m’écrire le 6. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre Majesté me mande qu’elle a ordonné au duc de Bellune[^3] d’attaquer sans délai. J’étais bien inquiet pour Minsk : je n’avais pu m’empêcher, il y a plusieurs jours, de fixer l’attention du maréchal sur cette place où j’ai fait rendre des moyens si considérables que leur perte serait funeste à l’armée. J’apprends par un officier bavarois que M. le duc de Bellune, qu’il a rencontré à Tschereia le 9, était en différence d’opinion avec M. le duc de Reggio[^4] et ne voulait pas prendre l’offensive. L’ordre de Votre Majesté n’était donc pas encore arrivé. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’ai écrit à Votre Majesté qu’immédiatement après les affaires de Polotsk, j’avais invité M. le général Loison[^5], par une lettre du 25 octobre, à mettre en marche par Tilsit toutes les troupes disponibles de sa division. Il me répondit par sa lettre du 30 qu’il allait faire ce mouvement. Plusieurs des bataillons manquaient de divers objets nécessaires. Il en a enfin mis en marche 2 le 5 novembre, 2 le 6, 2 le 7, 3 le 8 et 2 le 9, formant un ensemble au total de 8 118 hommes. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> À la nouvelle du mouvement de l’amiral Tchitchagov[^6], j’ai écrit à l’officier qui devait commander ces troupes de se porter sur Kovno et j’en ai rendu compte à Votre Majesté. Ma lettre datée du 6 du mois n’aura trouvé à Tilsit que la tête de la colonne. Cette invitation aura été insuffisamment exécutée. Le général Loison, à qui j’ai fait connaître les ordres de Votre Majesté qui me sont parvenus postérieurement, n’aura sans doute pas différé à se mettre en marche avec le reste de sa division. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre Majesté pensait que 800 chevaux napolitains devaient être rendus à Kovno au moment où elle m’écrivait. Elle m’ordonne de lui faire connaître s’ils sont arrivés. Les deux régiments de cavalerie de la Garde napolitaine ne sont partis de Königsberg que le 7. Leur force se compose de 52 officiers, 697 hommes et 858 chevaux. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Les dispositions que fait Votre Majesté tendent à pouvoir réunir une force suffisante à Vilna. Je ne puis me persuader que l’expédition que M. le comte de Wrede désire faire en se conformant à l’intention manifestée par M. le duc de Bellune, soit dans l’intention de Votre Majesté. C’est avec répugnance et avec précaution que j’ai laissé partir d’ici la brigade de réserve que Votre Majesté avait destinée pour Vilna et sur laquelle elle compte sans doute en ce moment. J’engage le comte de Wrede à différer l’exécution de ses projets. Les résultats de l’attaque du duc de Bellune pourraient compromettre le comte de Wrede s’il faisait l’opération lointaine dont il est tenté et qui le séduit par le désir de justifier la préparation du 2<sup>e</sup> corps et de faire oublier les malheurs que le 6<sup>e</sup> a éprouvés. Il est trop faible en Bavarois dont la force, qu’il exagère peut-être, n’est que de 1 900 baïonnettes ; la brigade de troupes de marche qu’on a formée au général Franceschi n’a aucune consistance, et la brigade du général Coutard[^7], seule composée de bonnes troupes, peut être compromise en s’écartant de la première destination que Votre Majesté lui avait donnée. Votre Majesté a été informée des dispositions prises pour condescendre aux vœux de M. le duc de Bellune. Si Elle désapprouve cette condescendance, Elle est actuellement trop près de nous pour que les ordres tardent à nous arriver. Il n’y a donc pas d’inconvénient à ce que le comte de Wrede diffère d’exécuter un plan dangereux jusqu’à ce que les intentions de Votre Majesté soient connues. Je lui écris dans ce sens. Si cette précaution paralyse le 6<sup>e</sup> corps, ce corps est si faible que cet inconvénient ne me paraît point à compromettre avec ceux qui résulteraient d’une détermination précipitée. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> M. le comte de Wrede, dans sa lettre, parle du renfort des troupes bavaroises qui lui arrivent. Je ne sais quel est ce renfort. S’il entend par là les troupes qui viennent de Bavière, nous avons le temps d’attendre car la 1<sup>ère</sup> colonne ne peut pas être avant le 5 novembre à Kalisch (Kalicz) et avant le 13 à Varsovie. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’écris à M. le duc de Castiglione[^8], au commandant de la ville de Berlin et au commandant de place de Posen, pour être informé de la marche de la division Heudelet et de ses progrès. M. le comte Bourcier[^8] a conclu aujourd’hui le marché que je lui avais préparé ici. Il a traité à des prix raisonnables pour 3 000 chevaux dont les 2/3 seront livrés au 5 janvier et le dernier tiers dans le courant du même mois. Ce marché et celui des 2 000 chevaux de Varsovie sont les seuls dont on puisse annoncer en ce moment à Votre Majesté la conclusion ; M. le général Bourcier attend à tout instant la communication de ceux qui doivent avoir été conclus d’après les ordres à Hanovre, à Berlin, à Magdebourg, à Glogow, à Elbing. Ces divers marchés sur lesquels il compte doivent fournir ensemble jusqu’à la concurrence de 14 000 chevaux.[^9] </p> [^1]: Jean-Louis-Ébénézer Reynier (1771-1814) [^2]: Carl Philipp Joseph von Wrede (1767-1838) [^ 3]: Claude-Victor Perrin, duc de Bellune (1764-1841) [^4]: Nicolas Charles Marie Oudinot, duc de Reggio, maréchal d’empire (1767-1847) [^5]: Louis Henri Loison (1771-1816) [^6]: Pavel Vassilievitch Tchitchagov (1767-1849) [^7]: Louis François Coutard (1769-1852) [^8]: François Antoine Louis Bourcier (1760-1828) [^9]: Minute, Archives nationales, AFIV 1647-1. </body>