| identifiant | maret_27 |
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| fait partie de | Maret_Napoleon |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/10/10 15:00 |
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| titre | Maret à Napoléon |
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| texte en markdown | <body> <h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>MARET</i> - 27 - </b> DE MARET, MINISTRE-SECRÉTAIRE D’ÉTAT À NAPOLÉON</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Bamberg, le vendredi 10 octobre 1806, à 3 heures du soir</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Sire, conformément aux ordres de Votre Majesté, après avoir encore passé ici les journées entières du 9 et du 10, je partirai à minuit pour Kronach. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Avant de me mettre en route, je rends compte à Votre Majesté de la situation actuelle des choses. </p>
VIVRES
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Les voitures, dont j’ai affirmé ce matin le départ, ne sont parties en effet qu’à 5 heures du soir et seulement au nombre de 22, portant 56 tonneaux, ou environ 450 quintaux de farine. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Les 50 voitures de grains, si impatiemment attendues de Neustadt, arrivent enfin en ce moment.
20 verseront ici leurs grains qui seront remplacés par des farines ; de sorte que demain matin, un convoi de 20 voitures de farine et de 30 voitures de grains sera dirigé sur Kronach.
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il ne restera alors ici pour tout approvisionnement de vivres qu’un petit nombre de bestiaux et 20 voitures de blé qui sera donné aussitôt à la mouture et ensuite à la manutention. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Dans cette situation, la plus grande activité a été exigée des fonctionnaires chargés de faire rentrer des réquisitions à Neüstadt, Erlangen et Bayreuth. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’ai cru devoir en même temps inviter verbalement, et presser par écrit la régence, de verser à la fois, d’avance et pour six jours, les 600 quintaux de farine qu’elle doit fournir journellement, ce qui ferait 3 600 quintaux, qui seraient dirigés sur Kronach, après avoir toutefois fourni aux besoins du passage qui est toujours très considérable. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Sur cette demande, la régence verse déjà en ce moment 1 000 quintaux. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Quatre des fours ordonnés sont en activité. Les quatre autres y seront du 12 au 13. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ce que j’avais entendu dire des approvisionnements de Forchheim m’ayant paru fort peu satisfaisant et ayant appris que le commissaire était venu ici prendre des ordres, je lui ai demandé un rapport écrit que je joins à cette lettre. </p>
TRANSPORTS
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Les moyens extraordinaires pris par le général Ménard ont produit l’effet désiré. Il y a en ce moment au parc 60 voitures. Ce nombre excède maintenant les besoins. Lorsque les voitures commenceront à revenir du quartier général et à faire la navette, ce service pourra suivre les progrès de celui des approvisionnements. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mais on manque absolument d’employés soit pour diriger et surveiller la marche et la conservation des voitures, soit pour accélérer les chargements et les départs, soit pour veiller à la fabrication, à la construction des fours, aux distributions, etc... Les employés des équipages et des vivres se rendent tous au quartier général et n’aiment point à rester sur les derrières dans des pays amis. </p>
PASSAGE DES TROUPES
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il est arrivé aujourd’hui : </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> 1° - 416 hommes du 48<sup>e</sup> régiment. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> 2° - 416 hommes du 108<sup>e</sup></p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ils se mettent demain en route pour Kronach. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> 3° - 600 hommes et 610 chevaux de chasseurs à cheval de la Garde avec 96 mamelouks, 193 hommes d’artillerie légère, 6 pièces de canon, 6 caissons, 1 forge et 3 voitures d’équipages. En tout 889 hommes et 985 chevaux, sous le commandement du colonel Dallemagne. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> 4° - Un parc de 18 caissons, 3 voitures d’équipages et 111 sous-officiers et soldats d’artillerie. M. Ramon commandant.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> 5° - 35 caissons chargés de munitions, attelés de 112 chevaux. 87 officiers, sous-officiers et soldats commandés par M. [Jussy]. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> 6° - 24 voitures et 1 fourgon chargés d’outils, 60 charretiers et 14 hommes, officiers, sous-officiers et soldats de la 7<sup>e</sup> compagnie du 4<sup>e</sup> bataillon de sapeurs. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> 7° - 15 voitures d’effets d’hôpitaux. Le reste du convoi est resté sur la route à 4 heures d’ici, les conducteurs s’étant sauvés pendant la nuit avec leurs chevaux. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Les détails que j’ai l’honneur de donner à Votre Majesté ont toute l’exactitude qui dépend de moi. Le général Lefranc, malgré la plus grande activité et le colonel qui commande la place, n’ayant personne pour les seconder, ne peuvent tout voir par eux-mêmes et ne sont pas toujours d’accord sur ce qu’ils ont vu. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> On répand ici ce soir que Kulmbach brûle et qu’un régiment prussien est passé au service de Votre Majesté. </p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Hugues B. Maret </i></h3>
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ANNEXE
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Lettre de Jacqueminot à Maret
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> De Forchheim, le 10 octobre à 2 heures.</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> VIVRES-PAIN. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> APPROVISIONNEMENTS. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il a été ordonné un versement de 15 000 quintaux de grains. La répartition faite par la Régence s’est étendue sur 15 baillages dont 10 sont à la hauteur de Bamberg ou en avant sur Kronach, et 2 à la distance de 15 lieues et occupés par l’armée. Les 3 autres ont versé à peu près le 10 e de ce qu’ils doivent. Hier soir, il n’existait en magasin que 500 quintaux. Les différentes réclamations que j’ai faites n’ont rien obtenu et il n’a pas été versé aujourd’hui un seul sac de grains. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Le versement des farines qui doivent être fournies par Erlangen paraît n’être entravé que par le défaut de transports. Il existe en ce moment cent quintaux destinés à Bamberg et déposés ici pour y être conduits par eau. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> FOURS. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> La construction ordonnée demande 50 000 briques. Le bailli de l’arrondissement qui le 8 n’en avait pas encore fourni une et en avait promis 7 000 dans la journée, n’en a livré que 1 300. Le 9, je n’en ai pu obtenir que 400. Aujourd’hui, j’ai fait parcourir les 4 briqueries qui existent dans le baillage, avec des voitures et des hommes armés et j’ai ordonné qu’on enlevât tout ce qui se trouverait, sur récépissé du constructeur. Cette mesure peut-être trop sévère dont, peut-être, je serai blâmé, complète une quantité de 4 mille. 4 000 autres seront cuites le 13 octobre. Voilà toutes les ressources du pays. Erlangen n’en offre guère plus. Je n’ai pu avoir encore la note de ce qui y existe. Mais je n’ose compter sur plus de quatre mille dont le transport exigera vingt voitures pendant deux jours de marche. Tous ces moyens réunis donneront à peine 4 fours. J’écris à l’ordonnateur Blin pour qu’il me fasse faire des versements par la Regnitz. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je rappelle que les fours de la ville offrent quelques ressources puisqu’en y travaillant à brigades relevées, on pourrait y fabriquer 25 000 rations dont la population ne consommerait que 3 000, sans la garnison. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> PAIN. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Un ordre de fabriquer par jour à Forchheim 90 000 rations de pain biscuité a été donné et réitéré. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Les fours n’étant pas construits, n’existant pas un boulanger français dans la ville, je n’ai eu de moyens pour remplir en partie cet ordre que de requérir du bourgmestre. J’ai demandé 10 000 rations par jour. Tous les moyens que j’ai pu employer ne m’ont obtenu depuis 48 heures que 2 000 de pain ordinaire. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> APPROVISIONNEMENTS EXTRAORDINAIRES. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> L’eau-de-vie est la seule denrée dont on m’ait annoncé la rentrée. Il n’en a pas encore été versé. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> VIVRES-VIANDE</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je n’ai point reçu d’avis sur l’approvisionnement de cette partie du service. Tout ce qui vient d’Erlangen file sur Bamberg et Kronach. Mais en cas de siège, ce service n’aurait rien d’inquiétant puisque 36 têtes de bestiaux suffiraient à l’approvisionner. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> FOURRAGES. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il n’en est point rentré depuis le dernier rapport. La fourniture du marché des 100 000 rations avait été suspendue par ordre de la Régence. Elle vient de lever cet ordre. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> HÔPITAUX. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Un local et les premières fournitures sont préparés pour deux cents blessés. Il n’existe que 16 malades traités à l’hôpital civil. [^1]</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Jacqueminot </i></h3>
[^1]: Archives nationales, AFIV 1042.
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