CS_Jourdain_58.md

identifiantCS_Jourdain_58.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1808/10/01 00:00
titreM. Manco à Laurent Jourdain
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 58 - </b> M. Manco à Laurent Jourdain</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> À Toulon, le 1<sup>er</sup> octobre 1808</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous dois, Monsieur, bien de remerciement pour la conduite généreuse et pleine d’affection que vous avez eu la bonté de tenir à l’égard de M.Manco, qu’autrefois je m’applaudissais de nommer mon fils, et que maintenant je ne puis considérer que comme l’ennemi de mon repos, le persécuteur de ma vieillesse et le fléau de ma famille. De fausses notions sur l’honneur l’ont égaré et une vanité pitoyable l’a entrainé et l’entraine journellement dans le précipice creusé sous ses pas. Il vient de faire une lettre de change que j’ai refusé d’acquitter, elle est de six cents francs ; je n’ai pas cette somme et j’ai épuisé la ressource de mes amis. Cet effet sera sans doute protesté et des poursuites rigoureuses vont avoir lieu contre ce malheureux. Prescrivez-lui la prison et qu’il y demeure jusqu’à ce que sa solde ait pu acquitter la lettre de change qu’il a eu l’impudence de faire sur moi.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il goûte maintenant les fruits de son libertinage ; qu’il soit traité à l’hôpital, des personnes valant plus que lui s’y rendent journellement. Je ne pourrais d’ailleurs fournir à un traitement fait en chambre.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je gémis en vous écrivant, Monsieur le capitaine, humilié dans tous les sens par mon bourreau de fils. Je n’ose plus communiquer publiquement avec mes amis ; il me semble que chacun lit sur mon front le déshonneur dont il s’est entaché… Ah, je suis bien malheureux et il ne tenait qu’à lui de faire mon bonheur.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Soyez bien persuadé, Monsieur le capitaine, que je n’oublierai jamais l’intérêt que vous avez bien voulu me témoigner dans la personne de mon fils, et que je m’estimerai heureux si des circonstances me fournissaient les occasions de vous convaincre de toute ma reconnaissance. M. le colonel Perrier ne m’a rien laissé ignorer. Cet homme respectable vous estime, c’est faire votre éloge.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous assure de tout mon attachement. Monsieur, ayez la bonté d’y compter.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’ai l’honneur de vous saluer.[^1]</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Manco</h3> [^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body>
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