| identifiant | CS_Jourdain_57.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/09/10 00:00 |
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| titre | M. Ortillon à Laurent Jourdain |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 57 - </b> M. Ortillon à Laurent Jourdain</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Paris, 10 septembre 1808</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je réponds bien tard, mon bon ami, à tes lettres du 14 et du 31 du mois dernier, mais depuis ton départ j’ai été accablé d’affaires ; enfin un petit moment de repos m’a fait avoir le temps de te dire que nous avons tous été très satisfaits de te savoir arrivé à bon port. Nous avons fait part de tes lettres à qui de droit, et toute la parenté nous a chargé de te faire mille compliments. J’ai été mercredi dernier à Poissy. J’y ai trouvé ma tante bien portante ; elle m’a chargé de t’assurer de son amitié. La tante Alexis y était, arrivée le même jour, ainsi que Mlle [Beloir de Morgery] ; j’ai aussi vu [M.M Hesse], tous bien-portants et te faisant des compliments.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Nous sommes toujours bien avec M.Mutteveau qui vient me voir assez souvent ; il m’a chargé de t’instruire de ce qui suit. Au mois de janvier 1807, se trouvant à [Saint-Germain] et se promenant avec Étienne, celui-ci en lui faisant part de son nouvel établissement, lui fit pressentir qu’il était un peu gêné. M.Mutteveau lui dit : « j’ai 3 000 francs réservés pour le mariage de ma fille, s’ils peuvent t’être utiles, je te les prêterai sans intérêt pour un an », mais sous la condition que si sa fille venait à trouver un parti en les prévenant d’avance un mois, il lui remettrait ses fonds ; chose acceptée avec reconnaissance par Étienne. Il vint quelque temps après à Paris, reçu les 3 000 francs pour lesquels même faute d’avoir des papiers timbrés, il ne fit ses reconnaissances que six mois après. Dans le mois de septembre 1807, un amoureux pour Éléonore s’étant présenté, M.Mutteveau écrivit à Étienne ; pas de réponse. Il fit un voyage à [Saint-Germain], fut fort mal reçu, et Étienne lui dit qu’il lui paierait son billet à l’échéance ; beaucoup de raisons de part et d’autre, et tu vois que le beau côté de tout cela n’était pas pour Étienne [..], pour en finir. Le paiement à l’échéance n’a pas été effectué et ce n’est que […] qu’il a été remboursé.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> M.Mutteveau m’a dit qu’il n’oublierait jamais cela, que ce qu’il voulait leur vendre du bien de sa femme, serait partagé entre mon oncle Jourdain et nous ; on pourrait peut-être s’écrier : « ah le bon billet à La Châtre ! ». Pour moi, je ne dirai rien, et si cela vient, cela viendra : ce qu’il y a de vrai, c’est que si M.Mutteveau t’avais fait les propositions, certaines qu’il a faites aux Hesse, tu ne les aurais pas laissées échapper. Il a voulu donner, moyennant une pension viagère de 500 francs, les biens territoriaux qu’il possède et qui s’élèvent à 420 de revenu. C’est donc 80 francs qu’ils auraient risqué de payer pendant quelque temps avec la certitude d’avoir un fonds de terre rapportant 420 francs. Je trouve tout cela si beau de la part de Mutteveau que je ne pourrais le croire si j’en avais la certitude.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il marie sa fille sous trois semaines au tapissier en question ; le contrat est passé.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je reviens à toi, tu as bien fait de te [mouler(sic)]. J’espère que tu obtiendras du général Fririon la justice que tu réclames. Tu as bien fait de chasser ton voleur.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> le commandant, les honneurs ne vont pas sans charge, vous le savez. Ainsi, il faut bien se décider à faire les dépenses forcées. Tu trouveras dans ton ordre et ton économie moyen de faire face à tout.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je ne te dirai rien des nouvelles publiques, les journaux t’en auront instruit.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’ai espérance de terminer ma grande affaire ; si cela réussit, comme il y a lieu de croire, il me faudra avoir recours à mes bons amis et tu sais bien que tu es à leur tête.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> M.Belin se divertit comme un dieu. Il attend de toi une lettre, soit italienne, soit latine. Il descendra même jusqu’au français pour avoir le plaisir de te lire.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma famille a été bien sensible à ton bon souvenir et me charge de mille choses honnêtes pour toi.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Henriette s’acquittera de ce dont tu la charges ; sa mère et moi t’embrassons de cœur.[^1]</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Ortillon</h3>
[^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body> |
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