| identifiant | CS_Jourdain_47.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/02/24 00:00 |
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| titre | Laurent Jourdain à Henri Shée, prefet du Bas-Rhin |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 47 - </b> Laurent Jourdain à Henri Shée, prefet du Bas-Rhin</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Paris, le 24 février 1808</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon cher préfet, il y a bien longtemps mon cher préfet, que je n’ai eu le plaisir de vous écrire pendant les deux campagnes que je viens de faire. Choller[^1] m’a quelquefois donné de vos nouvelles et lors de mon passage à Strasbourg, j’ai appris, avec une véritable satisfaction que vous et votre famille jouissiez d’une santé parfaite. Le Général qui est encore à La Robertsau m’a paru profondément affligé de la perte qu’il a faite ; sa santé est cependant bonne, et il trouve dans le soin qu’il donne à l’éducation de ses enfants, de bien douces consolations.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Vous m’avez donné assez de preuves d’amitié pour croire que vous n’entendrez pas sans intérêt les motifs qui m’ont fait quitter le service, et m’ont rapproché de ma famille. Vous vous rappelez que j’en avais depuis longtemps l’intention, mais quelques circonstances ont accéléré ma résolution, que je n’ai exécutée toutefois, que cinq mois après la paix de Tilsit. J’étais devenu dans le cours de la dernière campagne l’aide de camp d’un général qui m’avait offert cette place en m’y faisant envisager plus d’avantages que dans celle d’adjoint à l’État-major. Mais je ne tardais pas à me convaincre qu’il est toujours dangereux de s’attacher aux personnes dont on ne connaît pas bien le caractère. Je reconnus d’entrée qu’il n’y avait entre ce général et moi aucun rapport d’affection ni de principes, et qu’il fallait m’en séparer. La défense, dans ce cas, est pour le subordonné, j’en suis l’épreuve, car quoi qu’il n’y eût aucun motif relatif au service dans la demande qui fut adressée au ministre, celui-ci ne voulut pas consentir à ce que j’en redevinsse capitaine adjudant. Heureusement, dans cette circonstance, le général de division Villatte ayant appris la situation dans laquelle je me trouvais, me demanda pour aide de camp, et je passai ainsi du 6<sup>e</sup> au 1<sup>er</sup> corps de la Grande Armée, mais avec la ferme résolution de quitter le service dès que je pourrais le faire avec honneur. J’ai fait avec ce général la campagne de juin 1807. Il eut la bonté de demander pour moi de l’avancement […], mais cette demande n’ayant pas eu d’effet, je le priai quelques mois après de vouloir bien appuyer celle que je fis de ma réforme motivée par le mauvais état de ma santé. Je ressentais en effet depuis quelque temps des douleurs rhumatismales qui me rendaient peu propre à supporter la fatigue de la guerre. Cette demande ayant été accueillie, j’ai quitté l’armée et me suis rendu à Paris, pour y jouir du traitement de réforme.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Le général Sainte-Suzanne sans désapprouver ma conduite, a eu même la bonté de me demander quelles étaient mes intentions ultérieures ; je lui ai dit que je n’avais aucune idée fixe à cet égard, que je désirais cependant trouver un emploi qui me convient, mais que j’attendrais des temps […] favorable pour le choisir et le demander. Ne voulant pas rester dans la carrière militaire, c’est naturellement vers l’administration civile que je dois tourner mon regard. Oserais-je, mon cher préfet, consulter votre expérience administrative, et vous demander quel est dans cette partie l’emploi que vous jugeriez le plus convenir à ma situation, et […] le moins de noviciat. Le général m’avait parlé de la préfecture et de secrétairerie générale, […] jusqu’à cette place dont l’une exige plus de fortune que je n’en ai et l’autre des connaissances trop étendues, ou au moins un long travail préliminaire. […][^2]</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Jourdain</h3>
[^1]: Il s’agit probablement du comte François-Armand Cholet (1747-1826), Pair de France.
[^2]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body> |
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