CS_Jourdain_41.md

identifiantCS_Jourdain_41.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1803/03/09 00:00
titreWali à Laurent Jourdain
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 41 - </b> Wali à Laurent Jourdain</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">9 mars [1803]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je ne sais pas où j’en suis, si tu as reçu ma lettre écrite du 3 mars. J’ai mis l’adresse à peu près à Trauenstein, on dit que le général Loison était là. Et toi, attendant aussi à Trauenstein. Hélas, si ta lettre est perdue, je serais bien fâchée parce que je voudrais savoir de tes nouvelles, si en cas la lettre est perdue, on peut lire dedans qu’une fille allemande a donné son amitié à un bon et estimable Français. Et son départ fait tant de regrets dans mon âme.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon journalier je pense, est toujours à toi, mon cher ami, pour savoir bientôt de tes nouvelles, pour te faire aussitôt la réponse. Et je compte tout le jour, quand la poste arrive pour recevoir tes nouvelles, que j’attends avec impatience, car mon cœur me dit. Et je sens aussi comme j’aime et comme j’étais chéri par toi, mon cher ami, je te prie infiniment, de ne pas me laisser plus longtemps attendre, et je le pense, tu ne manqueras pas à me répondre tout de suite pour me tirer de l’inquiétude que j’ai dans mon cœur. Aujourd’hui huit jours, j’étais bien heureuse encore que je t’embrassais de tout mon cœur, mon ami Jourdain ! Tu peux penser depuis ton départ de Lausson que j’ai du chagrin et tu regretterais ta Wali. Elle pleure, et gémit, toute la journée, pour son cher ami Jourdain. La seule consolation que j’ai au monde, c’est ma sœur Pflegerin. Elle a la bonté de me consoler dans mon désespoir. Je remercie le ciel, de la bonté de ma sœur. Tous les autres, dans la maison, il faut que je me cache par rapport à ton départ. Que je ne peux plus rire hélas, hélas, comme avant ton départ. Il y a une heure que je viens à la maison, donc je suis allée au château pour me distraire où tu avais ta demeure, mais plus rien ne me fait plaisir au monde. S’il n’y avait pas eu deux dames avec moi, j’aurais versé des larmes, et j’aurais pleuré tout haut. Et pour ne pas oublier à jamais, j’ai gravé ton nom, et mon amour pour toi sur un carreau de fenêtre, et ton nom s’effacerait avec un diamant de mon anneau. Pense aussi comme moi à ta Wali <u>je te prie</u>, <u>je te prie</u> mon cher cœur.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Demain matin comme on dit, ils viendront, de dragons Orelli pour rester un jour. Il vient ou il ne vient pas cela m’est fort indifférent. J’ai donné mon cœur et mon amour, est pour Jourdain pour jamais à effacer. Je finis en embrassant de tout mon cœur cher ami Jourdain.</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Ton abandonnée t’embrasse et je suis pour la vie ta fidèle Wali.</h3> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma sœur Pflegerin m’a chargé de vous dire bien des compliments.[^1][^2]</p> [^1]: Nous avons essayé de retranscrire au mieux cette lettre écrite par une Allemande. [^2]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body>
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