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CS_Jourdain_32.md| identifiant | CS_Jourdain_32.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1795/06/01 00:00 |
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| titre | Laurent Jourdain à son beau-père M. Fourquet |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 32 - </b> Laurent Jourdain au citoyen Fourquet</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Bouxwiller, le 13 prairial, 3<sup>e</sup> année de la République française une et indivisible [1er juin 1795] </h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Au citoyen Fourquet, </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je viens de recevoir votre lettre en date du 19 floréal (8 mai 1795), et j’apprends par elle que ma mère et vous seriez très satisfaits que j’obtinsse un congé pour aller passer ma convalescence à Paris. Vous aurez vu par une lettre qui précède celle-ci de plusieurs jours que je suis au dépôt de la demi-brigade depuis près d’un mois et que le changement d’air a produit l’heureux effet que j’en avais espéré ; ma fièvre m’a quitté depuis quelques jours et je commence à reprendre les forces qu’elle m’avait ôtées. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Vous m’engagez à user de mon crédit auprès de notre chef de brigade pour emprunter les 200 livres que je vous demandais pour ma route. Je l’ai fait aussi en partant pour le dépôt et il m’a avancé généreusement cette somme qui n’est pas bien forte si vous considérez que dans le pays où nous vivons, elle fait à peine la valeur de 12 livres en numéraire. Le vin vaut 12 livres la bouteille, en papier, encore a-t-on beaucoup de peine à en trouver. Je viens de marchander de la toile pour faire un pantalon ; on me l’a fait 50 livres l’aune. J’espère donc que vous voudrez bien aussitôt que cela sera possible me mettre à même d’acquitter ma dette avec le chef de brigade et je vous prie de m’adresser l’envoi à la 95e demi-brigade baraquée en avant d’Yokrim par Lauterbourg, division de la [Querch]. Je compte être de retour au corps le [1er prairial]. On parle ici beaucoup de paix et d’autant plus qu’on la désire vivement. Ce qui fortifie nos espérances à cet égard, c’est l’inaction où sont nos troupes qui environnent Mayence. Il ne s’y est rien passé depuis un mois et les ouvrages même ont cessé de part et d’autre. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Dieu veuille que ces apparences ne soient pas trompeuses. Alors je pourrais revoir ma famille avec d’autant plus de satisfaction qu’alors sans doute la disette et sa misère auraient fait place à des temps plus heureux. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mes respects à ma mère, s’il vous plaît. Rappelez-moi au souvenir de mes parents de Poissy. Mes compliments à toute la famille. J’embrasse ma sœur et la petite Henriette qui cependant doit commencer à grandir. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je suis avec un sincère attachement, </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre concitoyen,[^1]</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Jourdain</h3>
[^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z. </body> |
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