CS_Jourdain_30.md

identifiantCS_Jourdain_30.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1795/04/28 00:00
titreLaurent Jourdain à sa mère Mme Fourquet
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 30 - </b> Laurent Jourdain à sa mère la citoyenne Fourquet</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> À Yokrim près Lauterbourg, le 9 floréal, 3<sup>e</sup> année républicaine [28 avril 1795]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère mère, je profite d’un moment de relâche que me donne la fièvre pour vous faire part de ma situation. Il y a huit jours qu’une fièvre double tierce (c’est ainsi que la nomme les chirurgiens) m’a attaqué, toujours aux mêmes heures, en laissant cependant un jour d’intervalle. Mes forces sont déjà considérablement affaiblies, et la maigreur a été en proportion. Cette maladie est de nature à durer fort longtemps et le changement d’air est son remède le plus efficace. Si donc elle résiste aux remèdes que je prends en ce moment, je me propose de demander un congé pour aller passer quelques mois à Paris ou à Poissy, si l’on jugeait dangereux d’envoyer des militaires à Paris qui parait dénué de subsistance pour ses propres habitants. Vous sentez que depuis 4 ans d’absence pendant lesquels j’ai toujours été à mon poste, il est assez naturel que je désire revoir ma famille, et je suis persuadé que de votre côté, vous approuverez ce désir et le partagerez peut-être. J’espère assez des bontés de notre chef de brigade pour croire qu’il voudra bien seconder ma demande auprès des représentants du peuple près des armées de Rhin et Moselle.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Restent les moyens de pourvoir aux dépenses de la route. J’aurais d’abord les vivres de campagne à 10 sols par jour, ce qui n’est pas bien régalant pour un fiévreux. Il est vrai que je pourrais entrer dans les hôpitaux de la route, si la fièvre me prenait trop fort. Cependant, il est indispensable que j’aie quelque avance pour y subvenir. Notre chef de brigade ou quelque ami pourront bien m’avancer quelque chose, ou si vous l’aimez mieux et que cela ne vous gêne pas dans le moment, je vous prie de m’envoyer le plus promptement possible 200 livres qui ne sont pas trop pour une route de 20 jours au prix actuel des denrées.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Dans tous les cas, j’attends que vous me répondiez, et que vous me fassiez part de vos intentions avant de rien commencer et de faire aucune démarche.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mes compliments à la famille.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’embrasse ma sœur et sa petite.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mille amitiés au citoyen Fourquet.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre affectionné fils,[^1]</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Jourdain</h3> [^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body>
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