CS_Jourdain_29.md

identifiantCS_Jourdain_29.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1795/04/17 00:00
titreLaurent Jourdain à son beau-père M. Fourquet
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 29 - </b> Laurent Jourdain au citoyen Fourquet</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Yokrim sur le Rhin, le 28 germinal, 3<sup>e</sup> année de la République [17 avril 1795]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’ai reçu, citoyen, les 150 livres que vous m’avez envoyées dans votre dernière lettre. Je vous remercie des détails que vous m’y donnez sur les maisons de Vaugirard et de Poissy et les fonds que ma mère a placés. Vous m’engagez <u>à me rassurer sur ma fortune</u>. Vous supposez donc que j’ai connu des inquiétudes. Je vous certifie qu’il n’en est rien ; j’ai trop de confiance dans la gestion économique de ma mère. Seulement, j’ai pu craindre que dans un temps de révolution, lorsque toutes les fortunes sont bouleversées, nos affaires n’éprouvassent quelque altération. Cette crainte était bien naturelle dans les circonstances critiques où nous nous trouvons.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Les détails de la journée du 12 germinal viennent de nous arriver ; en vérité, il est bien inconcevable qu’une privation momentanée, une réduction nécessitée par la pénurie des subsistances, aient pu causer une insurrection aussi subite. Que les J.F. [Jean foutre] viennent donc à l’armée, ils bivouaqueront, manqueront de pain pendant cinq ou six jours et se battront le septième ou plutôt les traîtres ne se battront pas car il paraît que ce ne sont pas les Parisiens, mais bien une poignée de factieux, de gens sans aveu suivis par les héritiers des Robespierre, etc. Pichegru et la Garde nationale [vont les mettre à la raison]. Je voudrais qu’on ramassât tous ces coquins-là, sans oublier les femmes furibondes qui les accompagnent, qu’on les chassât de Paris et qu’on les envoyât dans leur département ou plutôt dans les colonies invoquer la sainte, l’incorruptible et la défunte montagne. Grâce à la fermeté de la Convention nationale, les chefs de cette fameuse montagne, les Buhem, [Chouvier], etc, et autres ennemis du bonheur public sont séquestrés de la société et ne pourront plus entraver les délibérations de la saine majorité. Ces nouvelles m’ont fait le plus grand plaisir ainsi qu’à un grand nombre de mes camarades car ici, comme ailleurs, les terroristes forment la très faible minorité. L’arrestation de leurs bons amis les a bien mystifiés. Ces bavards éternels, ces prédicateurs du pillage et du meurtre ont la bouche close depuis cette époque.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Le directoire du département du Bas-Rhin vient de communiquer à l’armée l’agréable nouvelle que la paix venait d’être conclue entre notre ministre plénipotentiaire à Bâle et celui de la Prusse. Reste maintenant la ratification de la Convention nationale qui sans doute ne la refusera pas. Les prisonniers de part et d’autre doivent, dit-on, être rendus en masse. Cet heureux évènement répand la joie et l’espérance dans le cœur des braves soldats épuisés des fatigues et du bivouac de l’hiver. L’ennemi a déjà ressenti les effets du nouveau courage qu’il leur a inspiré. La garnison de Mayence qui avait fait une sortie le 17, a été repoussée vigoureusement par nos troupes. La campagne s’ouvre sous d’heureux auspices. Il faut espérer que ce sera la dernière, et que ceux qui auront le bonheur de survivre reverront leurs familles et leur patrie. Puissé-je être de ce nombre.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mes respects à ma mère, s’il vous plaît ainsi qu’à maman Lhomme et à mes parents de Poissy. Mes compliments à toute la famille.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’embrasse ma sœur et sa petite.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Salut et amitié,</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Jourdain,<br/> sergent au 1<sup>er</sup> bataillon de la 95<sup>e</sup> demi-brigade, cantonnée à Yokrim,<br/> division de la […] armée de Rhin et Moselle.</h3> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><i>PS</i> : Donnez-moi je vous prie des nouvelles du citoyen Jarminquer.[^1]</p> [^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body>
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