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CS_Jourdain_28.md| identifiant | CS_Jourdain_28.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1795/03/14 00:00 |
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| titre | Laurent Jourdain à sa mère Mme Fourquet |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 28 - </b> Laurent Jourdain à sa mère la citoyenne Fourquet</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Landau, le 24 ventôse, 3<sup>e</sup> année de la République française, une et indivisible [14 mars 1795]</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère mère, j’ai reçu du citoyen Fourquet une lettre en date du 6 ventôse (24 février 1795) en réponse à différentes informations que je lui avais demandées sur les affaires de notre famille. Il me dit que le citoyen Lebon a été incarcéré pendant 3 mois. <u>On ne sait pourquoi</u>. Il est beaucoup d’autres personnes dont l’incarcération avait moins de motifs, et qui en 1792 n’étaient pas abonnées <u>à l’ami du roi</u>. Ce n’est pas cependant que je sois un terroriste, personne ne les déteste plus que moi. J’ai toujours respecté la liberté des opinions, même aristocratiques, mais j’aurai toujours beaucoup de peine à revenir sur ceux qui en 1789 regrettaient déjà l’ancien régime.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Nous nous attendons à rentrer bientôt en campagne malgré les apparences de cette paix qu’on nous annonçait ; on nous avait mis l’eau à la bouche ; mais il parait que nous bivouaquerons, canonnerons et fusillerons encore. Le général Pichegru vient commander l’armée du Rhin, nous en sommes enchantés ; cela va relever le courage de cette armée qui, pour ne s’être pas trouvée dans des actions éclatantes, n’en n’a pas moins combattu les meilleures troupes des coalisés et s’est toujours trouvée dans les positions les plus ingrates et les plus difficiles.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous envoie ci-joint un reçu de 150 livres ; cela me servira à me procurer quelques choses dont j’ai besoin avant de rentrer en campagne. Ce qu’il y a d’heureux, c’est que je possède le meilleur de tous les biens, la santé. J’en vois bien le prix aujourd’hui que je vois presque tous mes camarades tomber malades, et beaucoup succomber à la maladie.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mes respects s’il vous plait à maman Lhomme et à mes parents de Poissy. Mes compliments à toute la famille. J’embrasse le citoyen Fourquet, ma sœur et sa petite.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Respect et attachement,</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Jourdain,<br/> sergent au 1<sup>er</sup> bataillon de la 95<sup>e</sup> demi-brigade à l’armée du Rhin.</h3>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><i>PS</i> : Je désirerais bien savoir quelques détails sur la situation de nos affaires, particulièrement les miennes, telles que les maisons de Poissy, Vaugirard. Quant à ce qui me regarde, que sont devenus les capitaux placés chez Laborde qui a été guillotiné, [Semeterre], etc. Je suis persuadé ma chère mère que cette curiosité ne vous déplaira pas. Dans ce cas, je vous prie de me le dire franchement.[^1]</p>
[^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body> |
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