CS_Jourdain_26.md

identifiantCS_Jourdain_26.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1795/01/14 00:00
titreLaurent Jourdain à sa mère Mme Fourquet
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 26 - </b> Laurent Jourdain à sa mère la citoyenne Fourquet</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Landau, le 25 nivôse, 3<sup>e</sup> année de la République française, une et indivisible [14 janvier 1795]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère mère, depuis le 1<sup>er</sup> frimaire, je vous ai écrit deux lettres sans avoir obtenu de réponse. Je vous avoue que je m’étonnerai toujours qu’on soit assez occupé dans l’intérieur pour ne pas pouvoir sacrifier quelques instants en faveur de ceux qui sont sur les frontières. Je vous l’ai déjà dit, bien des fois, je n’éprouve jamais de plaisir plus sensible que lorsque je reçois des nouvelles de ma famille, et sans compter tous les détails qui s’y passent. Paris est-il donc si stérile en évènement qu’on n’ait rien à dire dans une lettre ?</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’en ai cependant reçu une de ma sœur, qui m’apprend que vous jouissez d’une bonne santé et que le citoyen Mettrot se propose de divorcer avec sa femme. Cette nouvelle m’a peu surpris parce que connaissant les goûts de ce citoyen, il m’a paru tout simple qu’il s’ennuya devoir vivre si longtemps une femme valétudinaire. Au reste, je ne crois pas que ma tante perde beaucoup à cette séparation.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Après la prise du fort du Rhin de Mannheim, les troupes qui l’assiégeaient ont été réparties sur différents points. Notre demi-brigade qui n’avait pas le moins souffert pendant le siège, a été envoyée en garnison à Landau peu de jours après le terrible évènement qui a fait disparaître de cette ville l’arsenal et les maisons de trois ou quatre rues ; nous travaillons à réparer la brèche que l’explosion a faite à la fortification. Cependant, la sureté de cette ville n’est nullement compromise par ce malheur qui coûte la vie à un grand nombre de canonniers et de bourgeois.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’ai vu avec bien du plaisir le nom du citoyen Turpin sur la liste des hommes de lettres à qui la Convention nationale a accordé une indemnité de 3 000 livres. Je vous prie de me rappeler à son souvenir et de le féliciter en mon nom de cet avantage qui en même temps lui fait honneur.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Tout est ici d’une cherté horrible ; le drap bleu vaut 125 livres l’aune, et toutes les denrées sont dans cette proportion.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous envoie un reçu de 150 livres dont j’ai le plus grand besoin dans ce moment.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Donnez-moi je vous prie des nouvelles de ma tante Louison ; a-t-elle enfin prit un engagement ? Que fait-elle ? Où est-elle ?</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mes respects à maman Lhomme ainsi qu’à mes parents de Poissy.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mes compliments à mes oncles, tantes, cousins, cousines, etc.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mille amitiés de ma part au citoyen Fourquet.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’embrasse ma sœur ainsi que ma petite nièce.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je suis avec le plus sincère attachement votre affectionné fils,[^1]</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Jourdain,<br/> sergent au 1<sup>er</sup> bataillon de la 95<sup>e</sup> demi-brigade en garnison à Landau.</h3> [^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body>
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