CS_Jourdain_22.md

identifiantCS_Jourdain_22.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1794/08/23 00:00
titreLaurent Jourdain à son beau-père M. Fourquet
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 22 - </b> Laurent Jourdain au citoyen Fourquet</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Aupelsberg, le 6 fructidor an II de la République une et indivisible [23 août 1794]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Citoyen, je me rappelle que l’année passée, il se présenta un acquéreur pour la maison de Vaugirard. Ma mère m’écrivit à ce sujet et me demanda mon opinion sur cette vente. Je lui répondis alors que je ne croyais pas avantageux pour nous de vendre une maison dont la moitié était déjà vendue à vie, que cela devait nécessairement lui faire perdre beaucoup de son prix, que d’ailleurs les circonstances n’étaient pas celles où l’on doit aliéner des bien-fondés, et quelque dispendieuse que fussent les réparations, je pensais alors que les locations devaient couvrir au moins cette dépense. Sur ces entrefaites, celui qui avait fait des propositions, les retira et il ne fut plus question de cette affaire. Je vous avoue que mon opinion n’est pas changée à cet égard, quoique le même acquéreur se présente encore. Si ce citoyen entrevoit des avantages dans cette acquisition, ils peuvent exister pour nous, à moins que des circonstances particulières ne le détermine à se procurer cette maison. Cependant, je connais mon inexpérience sur ces sortes d’affaires et je me rapporterai toujours à ceux qui sont plus éclairés que moi et surtout qui voient les choses de plus près. Si donc vous entrevoyez des avantages réels dans cette vente, faites m’en part et je vous enverrai ma procuration.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma mère doit avoir reçu une lettre de moi où je lui accusais la réception des 150 livres qu’elle m’a envoyée. J’ai déjà acquitté la moitié de la somme en question.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Vous me dites que vous mangez toujours à l’hôtel. Je croyais cependant qu’il n’y avait plus de tables particulières pour les officiers et que tous, indistinctement, étaient assujettis au même régime. Dans ce cas, le grand nombre de convives ne doit pas contribuer à rendre la chère meilleure. Il est vrai que Paris n’offre plus guère de commodités pour vivre. On nous assure qu’à moins d’être malade, on ne peut avoir plus d’une demi-livre de viande par décade et par personne.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous prie de présenter mes respects à ma mère et de l’assurer de mon attachement.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je suis étonné que mon oncle Laurent ne prenne pas un parti définitif. Il devrait cependant se dépêcher car à la paix, il aura beaucoup de concurrents.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’embrasse ma sœur et ma petite nièce ; mes compliments à toute la famille.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Salut et amitiés,</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Jourdain</h3> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><i>PS</i> : Nous occupons toujours la même position. On dit l’ennemi considérablement renforcé et Trèves reprise.[^1]</p> [^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body>
destinataire