CS_Jourdain_20.md

identifiantCS_Jourdain_20.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1794/07/08 00:00
titreLaurent Jourdain à sa mère Mme Fourquet
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 20 - </b> Laurent Jourdain à sa mère la citoyenne Fourquet</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Bossweiler, 20 messidor, l’an II de la République française une et indivisible [8 juillet 1794]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère mère, je viens de recevoir une lettre de ma sœur en date du 7 messidor ; c’est avec une vive satisfaction que j’ai appris de vos nouvelles.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Le 48<sup>e</sup> régiment vient de perdre son nom par l’embrigadement. Le 8 messidor nous avons été amalgamés avec deux bataillons de volontaires et les trois corps n’en forment plus qu’un sous la dénomination de la 95<sup>e</sup> demi-brigade. Ce changement a fait bien des mécontents parmi les vieux militaires qui se voient avec peine commandés par de jeunes officiers auxquels ils n’accordent aucun talent parce qu’ils n’ont pas leur expérience. Quant à moi, je suis loin d’improuver cette mesure qui me paraissait nécessaire pour détruire l’esprit de corps. Seulement, je désirerais qu’il y ait plus de sévérité pour les ignorants et les ineptes qui occupent des places usurpées. Le chef de la brigade m’a choisi pour secrétaire et je suis maintenant employé près de lui.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Le 14 messidor, nous avons attaqué l’ennemi sur tous ses points. Nos premiers pas ont été fort heureux ; l’ennemi, surpris, avait replié tous ses postes et nous faisions des progrès sensibles. Notre demi-brigade était chargée de débusquer les Prussiens retranchés sur une montagne. Nous y étions parvenus après avoir perdu une trentaine d’hommes, mais le retrait a été ordonné au moment où nous nous y attendions le moins et cela parce que la droite de l’armée avait été repoussée et que la cavalerie n’y avait pas fait son devoir.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je n’ai pas bien entendu ce que ma sœur m’a marqué sur le divorce de ma tante Étasse. Dites-lui je vous prie de m’en parler d’une manière plus détaillée.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Sur la somme de 350 livres dont j’ai fait le billet, j’ai déjà acquitté 170 livres sur les deux derniers envois que j’ai reçus. L’officier à qui je dois cette somme a quitté le corps et c’est une obligation de plus pour moi de le satisfaire promptement. Je joins donc à cette lettre un reçu de 150 livres.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mille amitiés de ma part au citoyen Fourquet. Je suis persuadé qu’il voudrait encore dans certains moments partager nos fatigues et nos dangers.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mes respects à maman Lhomme, ainsi qu’à mes parents de Poissy ; donnez-leur je vous prie de mes nouvelles.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’embrasse ma sœur et ma petite nièce.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Dites à ma tante Louison et au [Sieur Grimigued] que je fais des vœux bien sincères pour leur bonheur.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre affectionné fils,[^1]</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Jourdain,<br/>caporal fourrier de la 1<sup>re</sup> compagnie du 1<sup>er</sup> bataillon de la 95<sup>e</sup> demi-brigade à Bossweiler,<br/>armée du Rhin.</h3> [^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body>
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