CS_Jourdain_17.md

identifiantCS_Jourdain_17.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1794/04/10 00:00
titreLaurent Jourdain à sa mère Mme Fourquet
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 17 - </b> Laurent Jourdain à sa mère la citoyenne Fourquet</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Schenau, 21 germinal, 2<sup>e</sup> année républicaine [10 avril 1794]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère maman, vous verrez par le lieu d’où je date ma lettre que nous avons changé de cantonnement, nous sommes toujours sur les bords du Rhin, pour observer les mouvements de l’ennemi qui semble vouloir tenter un passage dans cette partie.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je viens enfin de recevoir une lettre du citoyen Fourquet ; il est à Dôle où il me dit qu’il travaille à se procurer une retraite ; il vous aura sans doute déjà instruit du petit accident qui m’est arrivé il y a quelque temps.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Un officier me prêta un jour son cheval pour aller à trois lieues de mon cantonnement ; j’étais avec deux de mes camarades et qui étaient venus à pied. Le soir venu, nous nous trouvâmes dans l’alternative de manquer à l’appel ou de partir avec la plus grande diligence ; nous préférâmes cependant ce dernier parti ; un de mes camarades monta en croupe et nous poussâmes le cheval assez vivement pour qu’il ait crevé le lendemain. J’étais seul responsable du cheval puisque c’était à moi qu’il avait été prêté. D’ailleurs, l’officier à qui il appartenait (lequel d’ailleurs n’est pas fort à son aise), ne pouvait supporter cette perte. Je n’hésitai donc pas à faire ce que l’honneur me commandait ; je lui ai fait un billet de 350 livres, prix de l’estimation qui s’est faite par un maréchal expert. Ce paiement peut se faire en deux ou trois parties à des époques différentes et dont l’une est déjà échue.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous prie donc ma chère mère de vouloir bien me mettre à même de remplir l’engagement que j’ai contracté. Le récit que je vous fais est fidèle ; d’ailleurs la dissimulation me servirait mal, et elle serait inutile.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’attends avec impatience un envoi de 150 livres que ma sœur m’avait promis pour la fin de ventôse ; je comptais là-dessus, et la privation m’en est assez sensible puisque je me trouve absolument sans le sol.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma sœur dans sa dernière lettre m’a fait part du mariage de ma cousine Lhomme avec un citoyen qui a divorcé, quoiqu’il ait dû son bonheur à la femme qu’il a abandonnée ; cela m’a beaucoup étonné. Je ne sais si l’intérêt a présidé à cette (papier déchiré), mais je crois que la délicatesse (papier déchiré).</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je suis ma chère mère, en attendant de vos nouvelles avec impatience, votre soumis et affectionné fils,</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Jourdain,<br/> fourrier au 48<sup>e</sup> régiment,<br/>cantonné à Sehillestatt,<br/>division du Moyen-Rhin.</h3> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mes respects s’il vous plait à maman Lhomme, ainsi qu’à mes parents de Poissy. Mes compliments à toute la famille. J’embrasse ma sœur et ma petite nièce. Dites, s’il vous plait, à ma sœur de ne pas se lasser de m’écrire.[^1]</p> [^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body>
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