CS_Jourdain_15.md

identifiantCS_Jourdain_15.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1794/02/10 00:00
titreLaurent Jourdain à sa mère Mme Fourquet
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 15 - </b> Laurent Jourdain à sa mère la citoyenne Fourquet</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Plobsheim, 22 pluviôse, 2<sup>e</sup> année républicaine [10 février 1794]</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère mère, il est vraiment affligeant pour moi de ne recevoir depuis plus de deux mois aucune nouvelle de vous. Je ne sais à quels sentiments attribuer ce silence ; serait-ce l’indifférence ? Serait-ce à la…non jamais je n’aurai le courage de prononcer ce mot. Je ne crois pourtant pas avoir mérité un pareil oubli. J’ai écrit à ma sœur dans le courant de frimaire. Je vous ai écrit dans les premiers jours de nivôse. J’ai écrit au moins six lettres au citoyen Fourquet. Le tout ne m’a pas produit un mot de réponse. Si cependant vous saviez quelle douce satisfaction reçoit un militaire éloigné de sa famille quand il en apprend quelques nouvelles, à coup sûr vous ne me priveriez pas d’un plaisir si sensible pour moi, et qui coûte si peu à celui qui peut le procurer ; cela d’ailleurs me fait naître dans l’esprit mille inquiétudes, mille craintes, que je désire n’être pas fondées.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Accordez-moi donc, je vous en conjure, accordez-moi une correspondance plus suivie, dites à ma sœur de m’écrire plus souvent et plus longuement.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Nous sommes toujours dans le même cantonnement ; on assure cependant que nous en sortirons bientôt pour passer le Rhin. Quoi qu’il en soit, le régiment fait un service très pénible sur les bords du Rhin où l’ennemi semble vouloir lui-même faire quelque mouvement.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Vous trouverez ci-joint un reçu de 150 livres pour mes besoins pendant les mois de nivôse, pluviôse et ventôse.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Si je me plains dans le commencement de ma lettre, je suis persuadé que mes plaintes loin de vous offenser, vous paraitront au contraire une preuve plus grande de l’attachement sincère avec lequel je suis et serai toujours votre affectionné et respectueux fils,</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Jourdain</h3> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Adressez s’il vous plait mes respects à maman Lhomme. Embrassez ma sœur pour moi et la petite Henriette. Mes compliments à toute la famille.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Adressez votre lettre ainsi que l’argent non pas à l’armée du Rhin, mais à Plobsheim par Strasbourg, division du moyen Rhin.[^1]</p> [^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body>
destinataire