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CS_Jourdain_13.md| identifiant | CS_Jourdain_13.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1793/10/30 00:00 |
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| titre | Laurent Jourdain à sa soeur Mme Ortillon |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 13 - </b> Laurent Jourdain à sa sœur la citoyenne Ortillon</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Plobsheim, le 9<sup>e</sup> jour du 2<sup>e</sup> mois de l'an II de la République une et indivisible [30 octobre 1793]</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère sœur, je m'empresse de répondre à votre dernière dans laquelle vous me parlez des propositions avantageuses qui sont faites à ma mère pour l'achat de la maison de Vaugirard ; je vous observerai d'abord que je pense encore, comme je vous l'ai déjà marqué, que les circonstances ne sont pas celles où l'on doive se défaire des propriétés foncières. Il est vrai qu'une maison, surtout comme celle-là, nécessite pour sa réparation de grandes dépenses; mais à cela je répondrai que le produit de la location peut au moins couvrir ces dépenses, et qu'il vaudrait beaucoup mieux s'en tenir à ce dernier parti pour le moment, d'autant plus qu'une partie de cette maison n'est vendue qu'à vie et que c'est s'ôter tout espoir de profiter de cette dernière clause que d'aliéner l'autre partie. D'ailleurs, ne craignez-vous pas que les créanciers de votre mari ne vous inquiètent encore dans cette affaire et que la caisse, entre autres, n'entreprenne de s'indemniser de ses pertes en mettant des entraves à cette vente ; il est vrai que vous êtes séparée de votre mari, mais la chicane a des ressources qui souvent n'étaient pas prévues et nous sommes dans un temps où l'on respecte peu ses formes. Je vous communique ces craintes dans la vue seule de votre intérêt. Au reste, je ne tiens à mon idée que parce que je la crois bonne, et si c'est une erreur de ma part, je ne demande pas mieux que d'être éclairé et je serai désolé que mon erreur put vous nuire.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Vous ne m'avez parlé que très superficiellement de l'affaire de la caisse ; je ne me rappelle même pas de la manière dont elle s'est terminée. Marquez-le moi je vous prie dans votre dernière et épargnez moins les détails. Soyez sure que c'est pour moi le plus grand des plaisirs que d'apprendre tout ce qui peut regarder ma famille et nos intérêts communs.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Vous ne m'avez pas répondu dans votre dernière aux demandes que je vous faisais sur la manière dont vous êtes avec ma tante Louison. Donnez-moi aussi des nouvelles de mon oncle Lebon.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je n'ai point encore reçu de nouvelles du citoyen Fourquet quoi qu'il ait dit à ma mère qu'il m'avait écrit, je n'entends non plus parler de lui que s'il n'existait pas.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Quant aux effets que je vous ai demandés, je vous ai déjà marqué de me les adresser à Strasbourg. Nous sommes cantonnés à 3 lieues de cette ville et je pourrai les y prendre ; vous aurez soin de me prévenir de leur arrivée par une lettre d'avril.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Assurez je vous prie ma mère de mes respects et dites-lui que je suis fâché de ne point partager quant à présent sa façon de penser sur la vente de la maison, que d'ailleurs je ne tiens à mon avis que parce qu'il n'est pas bien démontré à mes yeux que cette démarche soit conforme à nos intérêts.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je suis avec la plus tendre amitié, votre affectionné frère,</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Jourdain,<br/> fourrier au 48<sup>e</sup> régiment d’infanterie à Plobsheim,<br/> division du Moyen-Rhin.</h3>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><i>PS</i> : Notre position est toujours la même. L'armée couvre toujours Strasbourg et garantit le haut Rhin de l’invasion de l'ennemi. Notre régiment garde un passage important sur le Rhin. Mes respects à maman L'homme, à mes oncles et tantes, aux citoyen et citoyenne Ortillon. Embrassez pour moi mon aimable commère. Parlez quelques fois de moi à la petite Henriette. Je suis charmé que la petite vérole ne lui ait fait aucun ravage.[^1]</p>
[^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body> |
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