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CS_Jourdain_10.md| identifiant | CS_Jourdain_10.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1793/08/14 00:00 |
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| titre | Laurent Jourdain à sa mère Mme Fourquet |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 10 - </b> Laurent Jourdain à sa mère la citoyenne Fourquet</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Kapweiler, le 14 août 1793, l’an 2 de la République</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère mère, j’ai reçu ces jours passés une lettre de ma sœur qui m’a procuré un sensible plaisir en me donnant de vos nouvelles. Vous ne sauriez-vous imaginer avec quelle satisfaction on reçoit les marques d’intérêt de la famille quand on en est éloigné dans les circonstances où nous sommes. L’inquiétude où vous paraissez être sur mon sort, en me prouvant que je vous suis cher, augmenterait encore, s’il était possible, les sentiments d’affection et de tendresse qui m’attachent à vous. Il est bien doux pour moi de vous payer aujourd’hui ce tribut de reconnaissance. Le jour de votre fête est encore pour moi une nouvelle occasion de vous témoigner mon amour, et d’adresser des vœux au ciel pour la conservation de vos jours.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il y a près de deux mois que je n’ai reçu des nouvelles de M. Fourquet. Ma sœur me dit qu’il y a fort longtemps aussi que vous n’en avez reçu ; cela augmente encore le désir que j’ai d’en avoir.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma sœur me parle aussi dans sa dernière de la proposition qui vous est faite dans ce moment de vendre la maison de Vaugirard. Elle me demande en même temps mon avis sur cette affaire : il me semble que dans les circonstances actuelles les biens fonciers sont les meilleures de toutes les possessions, et sous ce rapport, je pense que malgré les frais qu’exige l’entretien de cette maison, il est toujours sage de ne pas s’en défaire ; d’ailleurs, cette propriété perd beaucoup de son prix, attendu qu’une partie est occupée par le citoyen Bach à qui elle est vendue à vie. Je ne suis pas plus d’avis de la rente non remboursable quoiqu’hypothéquée sur la maison. Il me semble que c’est se lier les mains un peu trop légèrement au surplus. Voilà mon opinion. Je ne sais si elle sera conforme à celle des personnes qui entendent mieux les affaires que moi.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Adressez s’il vous plaît mes respects à maman Lhomme ainsi qu’à toute la famille. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Embrassez ma sœur pour moi, ainsi que sa petite.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je suis ma chère mère, avec les sentiments les plus respectueux, votre affectionné fils,</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Jourdain,<br/> fourrier au 48<sup>e</sup> régiment d’infanterie,<br/> compagnie Skopetz à l’avant-garde de l’armée du Rhin.</h3>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><i>PS</i> : le 12 de ce mois, nous avons marché vers Landau pour y faire entrer un convoi considérable. L’ennemi qui resserre de très près cette place a voulu nous disputer le passage. Nous avons essuyé pendant trois heures une vigoureuse canonnade qui n’a cependant pas empêché le convoi d’entrer à Landau. Nous avons perdu fort peu de monde.[^1]</p>
[^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body> |
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