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CS_Jourdain_09.md| identifiant | CS_Jourdain_09.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1793/07/01 00:00 |
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| titre | Laurent Jourdain à sa mère Mme Fourquet |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 9 - </b> Laurent Jourdain à sa mère la citoyenne Fourquet</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Niederotterbach[^1], le 1er juillet 1793, 2e de la République</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère mère, vous voyez par le lieu d’où je date ma lettre que nous avons fait un mouvement. Notre régiment vient de passer à l’avant-garde de l’armée où nous sommes sans cesse aux prises avec l’ennemi.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’ai reçu dernièrement une lettre de M. Fourquet en réponse à une des miennes où je lui communiquais le désir que j’avais de l’aller voir. Vu le rapprochement des deux armées, il m’engagea à solliciter pour cela une permission du général et j’avais déjà fait quelques démarches pour l’obtenir, quand nous avons reçu l’ordre de marcher aux postes avancés. Ce contretemps me prive du plaisir et même de l’espérance de voir encore de longtemps M. Fourquet.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Malgré le tumulte des armes et les dangers de la guerre, nous jouissons ici d’une apparente tranquillité qui est loin d’exister à Paris ; car si nous en croyons les gazettes, cette ville est continuellement agitée par des mouvements révolutionnaires et l’insurrection du jour en faire toujours craindre une pour le lendemain ; qu’il serait à souhaiter que les parisiens suivissent l’exemple des braves troupes qui défendent les frontières et qui sans s’immiscer aucunement dans les affaires intérieures, n’ont en vue que l’ennemi, et d’autre désir que de le combattre. S’il régnait dans l’intérieur le même esprit que dans les armées, nous aurions bientôt une Constitution sage et une paix avantageuse.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> M. Fourquet dans sa dernière m’a fait part d’un évènement qui, dit-il, vous a causé quelque chagrin, je veux parler de la perte de votre affaire avec Colin. Je joins ici mes prières aux siennes pour que vous vous mettiez au-dessus de ce léger contretemps, assez d’autres choses sont faites pour nous chagriner.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Vous trouverez ci-inclus un reçu de 100 livres pour les mois de juillet et août. Ces déplacements continuels épuisent bien cruellement ma petite bourse.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je suis ma chère maman dans les sentiments les plus respectueux, et avec une vive impatience de recevoir de vos nouvelles.</p>
Votre affectionné fils, <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Jourdain,<br/> fourrier au 48<sup>e</sup> régiment d’infanterie,<br/> compagnie de Skopetz,<br/> armée du Rhin.</h3>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><i>PS</i> : Je vous prie d’adresser mes respects à maman Lhomme ainsi qu’à tous mes oncles et tantes. J’embrasse ma sœur et sa petite Henriette.
Donnez-moi s’il vous plaît des nouvelles particulières de mon cher oncle Laurent.
Bien des choses de ma part à M.Turpin.[^2]</p>
[^1]: En Rhénanie-Palatinat.
[^2]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body> |
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