CS_Jourdain_08.md

identifiantCS_Jourdain_08.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1793/05/21 00:00
titreLaurent Jourdain à sa mère Mme Fourquet
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 8 - </b> Laurent Jourdain à sa mère la citoyenne Fourquet</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Wissembourg, le 21 mai 1793, l’an 2e de la République</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère mère, ma sœur vous aura sans doute communiqué la lettre où je lui faisais part de ma maladie, ainsi que celle où je lui annonçais ma convalescence. Depuis ce temps, j’ai commencé à reprendre les forces que j’avais perdues et bientôt ma santé sera parfaitement rétablie.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il n’y a rien de changé dans ma position pour le moment ; on parle cependant de mouvements prochains ; quelques-uns même prétendent que nous sommes destinés à marcher contre les révoltés de l’intérieur ; mais je ne crois pas beaucoup à ces bruits qui le plus souvent sont sans fondement.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Toute l’armée regrette le général Custine qui va commander celle du Nord, et remplacer Dampierre. Les dénonciations de ses ennemis et les accusations même que lui avaient intentées les commissaires de la Convention, n’avaient fait qu’accroître notre amour et notre confiance.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Suivant les nouvelles que nous recevons de Paris, il paraît que la tranquillité n’y règne pas encore, et que les amis du désordre et les fauteurs de l’anarchie y sont toujours les plus forts. Je désire bien que cela finisse.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il y a fort longtemps que je n’ai reçu des nouvelles de M. Fourquet, quoi que nous soyons infiniment rapprochés ; je ne sais à quoi attribuer la cause de son silence. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous envoie ci-joint un reçu de 100 livres pour les mois de mai et de juin. ; j’ai grand besoin de ce secours, surtout depuis que les denrées et marchandises sont augmentées du double dans ce département.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je sais fort bien qu’il en est de même à Paris, et je pense que vous devez souffrir extrêmement de la situation actuelle des choses, mais il faut s’armer de patience, en attendant que la paix vienne nous consoler de nos maux.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Embrassez pour moi ma sœur et sa petite.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mes respects s’il vous plaît à maman Lhomme, ainsi qu’à mes oncles tantes, etc. Bien des choses de ma part à M. Turpin.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> C’est dans ce sentiment que je suis avec respect ma chère maman, votre affectionné fils,[^1]</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Jourdain, <br/>caporal fourrier au 48<sup>e</sup> régiment d’infanterie, <br/>compagnie de Skopetz au camp de Wissembourg. <br/>Armée du Rhin.</h3> [^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body>