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CS_Jourdain_07.md| identifiant | CS_Jourdain_07.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1793/04/05 00:00 |
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| titre | Laurent Jourdain à sa mère Mme Fourquet |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 7 - </b> Laurent Jourdain à sa mère la citoyenne Fourquet</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Au camp devant Wissembourg, le 5 avril 1793, l’an 2 de la République</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Ma chère mère, ce que j’avais prévu dans ma dernière lettre est malheureusement arrivé. Nous avons été forcés de céder à des forces supérieures. Nous avons fait une retraite de 30 lieues ayant toujours l’ennemi sur nos talons : cependant, nous nous sommes retirés avec ordre, et nous avons eu l’avantage dans deux affaires qui se sont engagées entre notre arrière-garde et l’avant-garde ennemie.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Les fatigues que j’ai éprouvées dans cette occasion surpassaient toutes celles que j’avais endurées jusqu’ici ; nous avons marché trois jours et trois nuits, ne nous arrêtant que le temps de faire la soupe dans la plaine ; enfin, nous sommes arrivés au camp devant Wissembourg où il semble que nous devions avoir quelques repos si l’ennemi ne continue pas à nous harceler. Mayence que nous avons laissée à 28 lieues derrière nous, est bloquée de toutes parts et défendue par une garnison nombreuse. Il faut espérer qu’elle fera une résistance courageuse, et qu’elle obtiendra une capitulation honorable.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Nous avons appris en même temps la retraite précipitée du général Dumouriez, et les troubles de quelques départements; quelque affligeantes que soient ces nouvelles, il ne faut pas perdre courage et sans doute l’ennemi se repentira de sa témérité s’il ose encore mettre le pied sur notre territoire.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il y a fort longtemps que je n’ai reçu des nouvelles de M.Fourquet. J’espère toujours que son régiment fera bientôt partie de notre armée ; j’attends ce moment avec impatience.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’avais laissé à Mayence, avant d’en partir, une partie de mon butin ; je m’en trouve privé dans ce moment et je suis dans un grand dénuement.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mes respects s’il vous plaît à maman Lhomme. Embrassez pour moi ma sœur et sa petite. Je vous prie de donner de mes nouvelles à mon papa Bertaut. Je lui ai écrit dernièrement de Kreutznach.
Mes compliments à mes oncles, tantes, etc.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je suis, ma chère mère, avec respect, votre affectionné fils,[^1]</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Jourdain, <br/>caporal fourrier au 48<sup>e</sup> régiment d’infanterie compagnie de Skopetz,<br/> armée du Rhin.</h3>
[^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body> |
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