CS_Jourdain_02.md

identifiantCS_Jourdain_02.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1791/11/08 00:00
titreLaurent Jourdain à son beau-père M. Fourquet
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 2 - </b> Laurent Jourdain au citoyen Fourquet</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Rennes, le 8 novembre 1791</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Monsieur, quoique votre lettre demande peut-être une longue réponse, cependant comme vous finissez par m’assurer que ma mère et vous avez tout oublié, je n’entreprendrai pas encore une fois ma justification. Vous vous efforcez de prouver que j’ai provoqué moi-même les mauvais traitements de ma mère et moi je vous proteste que je ne me croirai jamais coupable que de ne les pas avoir supportés avec modération.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je me contenterai de relever quelques inexactitudes. Vous dites que j’ai emporté en partant trois culottes neuves. Il est cependant vrai que l’une était peu propre, l’autre très mauvaise et la troisième, je l’avais achetée. Vous dites que j’ai écrit à mon papa Bertout que vous m’aviez frappé. Cela n’est pas encore très conforme à la vérité. Faites-vous représenter ma lettre, et vous y lirez que je ne me plains que de menaces de votre part. Je vous avouerai aussi que la cause qui, selon vous, a retardé mon émancipation m’étonne beaucoup ; il me semble qu’elle aurait dû produire l’effet contraire.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Quoiqu’il en soit, je suis charmé de l’assurance que vous me donnez des sentiments de ma mère. Le retour de son amitié est pour moi la nouvelle la plus satisfaisante.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vois avec plaisir qu’elle a consenti à la haute paye des cent écus. J’avais d’autant plus besoin des 50 livres que vous m’envoyez, que la dernière indisposition que j’eus, m’a forcé de contracter quelques dettes, et j’étais près d’engager ma montre pour y satisfaire.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’avais demandé quelques affaires à maman, telles que des bas et surtout ma paire de gants dont j’ai un extrême besoin dans ce moment où nous faisons l’exercice par un froid assez rigoureux.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Assurez, je vous prie ma mère de mon profond respect, ainsi que maman Lhomme.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Embrassez pour moi ma tante et ma sœur ; bien des choses de ma part à M.Turpin.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’ai l’honneur d’être, Monsieur avec la plus parfaite considération, votre très humble et très obéissant serviteur.</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Jourdain, <br />soldat au 48<sup>e</sup> régiment d’infanterie ci-devant Artois,<br /> compagnie de Sermiselles en garnison à Rennes.</h3> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><i>PS</i> : Il y a ces jours-ci à Rennes une émeute considérable. Le peuple de cette ville ne ressemble pas à celui de Paris qui renverse les autels des non-conformistes. Il veut au contraire qu’on leur ouvre les églises et menace les administrateurs et les forces. Nous sommes sur pied depuis quelques jours pour réprimer ces désordres, car la Garde nationale n’est pas assez forte.[^1]</p> [^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body>
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