| identifiant | CG15-0357S.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1805/07/13 00:00 |
|---|
| titre | Au général Gassendi |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CGS-15</i> - 357.S - </b> AU GÉNÉRAL GASSENDI </h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Fontainebleau, 24 messidor an XIII [13 juillet 1805]]</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je ne crois pas à l’exactitude de l’état des cartouches à canon : il y en a beaucoup à Turin et à Pavie appartenant à l’Empire. Au manquant, on ne porte que 2 mortiers de 12 pouces et 3 mortiers de 8, et il en manque pourtant 12 de 12 et 23 de 8 [^1] </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">1° Il faut organiser la fonderie et l’arsenal de Gênes. Je crois que la fonderie n’a pas de forerie ; la fonderie de Turin et celle de Gênes sont nécessaires, durant quelques années, puisqu’il faut renouveler les 5 ou 600 pièces de Gênes, de la première ancienneté d’artillerie ; mais, cela fait, il faut en supprimer une. Il paraît que celle qui fonderait à meilleur marché doit être préférée. Il faut observer la dépense de l’une et de l’autre pour se décider dans quelques années. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">2° Tous les établissements de l’artillerie doivent être hors la darse, mais au bord de la mer, dans un couvent ou autre bâtiment ; on écrira à Son Altesse M. Lebrun [sic], pour désigner la localité, ainsi qu’au directeur génois. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Tous les garde-magasins sont génois ; il y en a aussi de français pour les effets de France. Mon intention est qu’il ne soit fait aucun tort aux Génois : je veux qu’on en emploie le plus possible dans la 28e division, quelques-uns en France, et donner la réforme aux autres, mais ne leur annoncer cette réforme qu’au moment où le brevet de pension sera signé. Il faut qu’une décision du ministre règle l’organisation de l’artillerie de Gênes, ainsi que de l’État de Parme. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Envoyer une compagnie d’ouvriers à Turin et une à Gênes, prises sur les 8 de la Grande Armée. Il faut ordonner que, jusqu’à ce que les nouveaux affûts de place et de siège soient adoptés par le comité[^2], on construira [sic] sur le modèle ancien. Dans un arrêté, j’ai prescrit le mode de refonte de l’artillerie de Gênes : le mettre en exécution ; mettre en activité son arsenal et sa fonderie. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> S’emparer de tous les moulins à poudre de l’État de Gênes et de Parme et que l’administration des poudres les mette en grande activité. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il y a en Italie beaucoup de bombes irrégulières : faire fondre, couler autant de mor- tiers de chaque calibre qu’il y a de 800 bombes[^3].
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Les besoins les plus pressants des places d’Italie sont les mortiers ; si les nouveaux ne sont pas déterminés, couler des anciens de 12 pouces et de 8 pouces à la Gomer. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">On s’est plaint en tout temps que les affûts d’Auxonne sont mauvais : il faut voir si on construit mieux à Gênes, et alors on augmenterait sa fabrication. Enfin, diriger les tra- vaux des 3 arsenaux de Turin, Plaisance et Gênes, de façon que les équipages de siège, de campagne et de place, aillent de front et, chaque 6 mois, acquièrent un degré d’accroissement</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Napoléon </i></h3><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><br/></p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">1° Il paraîtrait que je n’ai ordonné que 36 000 fusils à Alexandrie : </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> - 14 000 venant de Saint-Étienne et passant par le Montcenis ; </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> - 10 000 passant par le Montgenèvre, venant de Grenoble ; </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> - 12 000 existant dans la salle d’armes de Turin[^4]. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Il est nécessaire que le ministre de la Guerre s’assure que ces fusils soient rendus et aménagés en salle d’armes, qu’il y nomme les armuriers et le garde-magasin qui doit en avoir soin selon l’usage[^5]. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Il paraît que la salle d’armes n’est pas prête à Alexandrie ; il faut que le ministre de la Guerre donne l’ordre au génie qu’il donne le local pour l’établir 24 heures après en avoir reçu l’ordre, en mettant à la disposition de l’artillerie, dans la citadelle d’Alexan- drie, le nombre de chambrées nécessaires dans une des casernes de ladite citadelle. Mon intention est qu’outre l’emplacement des 36 000 fusils, il y en ait pour en contenir 10 000 encaissés, pour pouvoir, au premier ordre, les transporter dans Mantoue ; bien entendu que les garde-magasins tiennent ces armes en bon état, car il est possible qu’ils y restent plusieurs années, et les officiers d’artillerie s’assureraient un par un qu’ils sont en bon état pour être distribués avec des caisses toujours prêtes à les recevoir[^6]. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">2° J’ai demandé 10 000 fusils à Gavi, qui y arrivent par mer ; une partie est déjà arri- vée. La salle d’armes que le ministre a désignée n’est qu’un mauvais hangar ; il faut que le ministre de la Guerre accorde de suite les fonds nécessaires pour réparer les toits. Le garde-magasin, qui n’a aucune habitude française, n’a encore aucun armurier ; il n’est pourtant pas juste que le garde soit payé de l’entretien, car, en état ou non, on prendra toujours les fusils ; il faut donc, avant le 1er vendémiaire, réparer le magasin et constater que le garde a un armurier. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">3° Il doit y avoir dans la citadelle de Turin 12 000 fusils provenant de la fabrication ; je n’en veux point à la salle de l’arsenal, et il faut réitérer souvent cet ordre, parce que les officiers d’artillerie la trouvent si belle qu’ils ne peuvent l’abandonner. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">La salle d’armes de la citadelle exige les mêmes soins que celle de Gavi et il faut que la salle d’armes soit prête, emménagée et qu’il y ait des armuriers. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">4° Je croyais avoir ordonné une salle d’armes de 20 000 à Fenestrelle. La difficulté de passer les Alpes et l’inconvénient de faire des mouvements en temps de guerre, où il y en a tant à faire, exigent cette salle d’armes. Il faut me faire un rapport pour que, si la rédaction de mon premier ordre avait été mal faite, on se conforme à cette décision, pour les 20 000[^7]. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Cela ferait 66 000 fusils pour les salles d’armes d’Italie. Mon intention est d’en placer encore 20 000 dans la citadelle de Savone, ce qui portera à 86 000 les fusils que contiendront les salles d’armes d’Italie. Le transport par mer est très commode, la marine a des gabares qui exécutent bien ces transports ; on peut même se servir de cette voie pour approvisionner Alexandrie. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Au fort Barraux, il y a des casernes pour 500 hommes et un état-major complet : je n’en veux que pour 2 à 300 hommes. Le fort Barraux n’a que cette utilité de contenir des fusils et des prisonniers. </p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i> Napoléon </i></h3><p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"><br/></p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Écrire à Brest, au commandant d’artillerie, que mon intention, en faisant tirer des pièces de 36 à l’angle de 45°, est d’atteindre l’ennemi à 2 300 toises ; qu’il faut faire pleuvoir sur l’ennemi une grêle de boulets qui, tirés simultanément, l’épouvanteront ; à 1 400 toises, on tirera des boulets creux et qu’alors les mortiers à la Gomer, placés en nombre aux batteries de Bertheaume, deviendraient encore une excellente défense. Si l’ennemi s’approchait de la batterie à moins de 800 toises pour tourner la ligne d’embossage, il faudrait tirer à boulets pleins et à boulets creux, ou, ce qui reviendrait au même, on tirerait 1/3 des pièces à boulets creux et 2/3 à boulets pleins, ce qui deviendrait alors avantageux parce qu’on tirerait alors à moins de 10°. Enfin, pour rendre ces batteries plus efficaces, si l’ennemi osait braver ces feux, je désirerais qu’on plaçât une vingtaine de mortiers de 8 pouces[^8] qui, portant leur bombe à 800 toises, feraient un effet meurtrier sur l’ennemi au moment qu’il serait aux prises avec les ailes ; qu’en général, pour la défense d’une escadre en cette position, on doit tirer le plus possible sans discontinuer quand l’ennemi commence à être à portée ; ainsi, les pièces doivent être approvisionnées à 150 coups et les mortiers à 100 coups. Chaque batterie doit avoir 1 affût par 5 pièces de rechange, et chaque mortier un crapaud, une chèvre par batterie et une forge à portée, avec les ouvriers nécessaires pour réparer promptement les affûts. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Il doit y avoir à chaque batterie : 1 colonel ou 1 chef de bataillon et 1 capitaine en 2e pour officier de parc, pour veiller à l’approvisionnement ; et, enfin, l’infanterie doit être instruite par les canonniers campés près de la batterie, et les officiers et les géné- raux d’artillerie doivent rester à portée de la batterie tant que l’escadre sera embossée ; enfin, faire attention que bien probablement les Anglais essaieront d’attaquer l’escadre au mouillage et que l’armée de Terre doit se mettre en mesure pour tirer tout le parti possible de ses moyens et rendre funeste à l’ennemi toute tentative, et même, s’il est pos- sible, de l’en détourner en le dégoûtant et rendant formidables ses batteries ; et quand l’armée de Terre aura rempli son but, en faisant voir à l’ennemi que toute attaque de sa part est imprudente […][^9].[^10]</p>
[^1]: Note de Gassendi « Ils étaient portés dans l’état n° 3, contenant des bouches à feu étrangères, irrégulières. »
[^2]: Note de Gassendi : « J’ai dit à Sa Majesté que, tous les généraux étant à l’armée, ce comité n’existait plus. J’ai ajouté que plusieurs officiers et moi pensaient que les constructions nouvelles n’étaient pas au-dessus, des anciennes et il m’a paru que Sa Majesté pensait au moins de même. Cette décision sur l’affût de place et de siège a été dictée par Sa Majesté sur ce que je lui ai exposé que les dimensions de cette espèce d’affût n’étaient point encore déterminées. »
[^3]: Note de Gassendi : « On observera en coulant ces mortiers de leur donner une épaisseur de métal telle qu’on puisse, après avoir tiré les 800 bombes, les aléser à un calibre français prescrit. »
[^4]: Note de Gassendi : « Il y a plus de 4 000 fusils qui doivent être pris à Saint-Étienne sur les fabrications posté- rieures à l’époque de l’ordre. »
[^5]: « Sa Majesté m’a expliqué, sur mon observation, ce qu’elle entendait par cette nomination hors d’usage d’armu- riers, déjà prescrite pour Alexandrie, et qui m’avait embarrassé. Sa Majesté entend que, dans tout dépôt d’armée capable d’occuper un armurier toute l’année pour les entretenir, le garde se procure un armurier et qu’on ne paye l’entretien qu’à cette condition. »
[^6]: Note de Gassendi : « Sa Majesté voulait d’abord que ces fusils restassent encaissés, sur mes observations, elle a prescrit cette autre mesure. »
[^7]: Note de Gassendi : « Ci-joint, en conséquence de cet ordre, un rapport à Sa Majesté. »
[^8]: Note de Gassendi : « On donne l’ordre pour avoir à Brest cette vingtaine de mortiers : il y en a déjà dix ; quatre y arriveront de Rennes et six de quelques points de la côte les plus voisins. »
[^9]: Note de Gassendi : « Sa Majesté s’étant levée, je n’ai pas osé lui demander son paraphe, mais j’ai écrit sous sa dictée. »
« Je fais passer au général Dorsner et au directeur La Barrière tous les ordres de cette note rédigés en instruc- tion. »
« Sa Majesté m’a dit qu’on pouvait employer le train pour transporter des fusils pour le Mont-Genèvre en Italie. Elle est aussi d’avis de n’avoir que des projectiles exacts et trouve avantageux l’échange de 2 livres d’affût pour 1 livre projectile neuf. »
[^10]: Ernest Picard, Louis Tuetey, <i>Correspondance inédite de Napoléon I<sup>er</sup>, conservée aux Archives de la Guerre, Paris, Charles-Lavauzelle, 1912, t. 1, p. 52, n° 127.</i></body> |
|---|
| |