CG15-40077.md

identifiantCG15-40077.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1816/03/06 00:00
titreNapoléon à Las Cases, chambellan
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 40077. - </b>À Las Cases, chambellan</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-US" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Longwood, 6 mars 1816</h2><p style="margin-bottom: 0cm"><span lang="en-US">Sir Count Las Cases, j write you this letter for say to you that you had done a very good book</span><sup>[^1]</sup><span lang="en-US">. It is not however that is not somme fautes</span><sup>[^2]</sup><span lang="en-US"> but you schal may corect them</span><sup>[^3]</sup><span lang="en-US"> in the next edition: then schal you may sell you work five pound</span><sup>[^4]</sup><span lang="en-US">. every exemplary. Upon that j pray god that he have you in his holy and worthy guard</span><sup>[^5]</sup><span lang="en-US">.</span><sup>[^6]</sup></p><p lang="en-US" style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p> [^1]: <span></span><sup> </sup>À bord du <i>Northumberland</i>, Las Cases commença à enseigner des rudiments de langue anglaise à l’Empereur et poursuivit ses cours aux Briars, puis à Longwood. En ce début mars 1816, Napoléon est d’humeur badine : il veut à la fois montrer ses progrès et se moquer de son professeur, qui est très fier de <i>l’Atlas historique</i> qu’il a publié sous le nom de Lesage durant son exil en Angleterre. Voici comment Las Cases lui-même raconte cette scène : « Un instant avant le dîner, je me suis rendu, comme de coutume, au salon ; l’Empereur y jouait une partie d’échecs avec le grand-maréchal. Le valet de chambre de service à la porte du salon est venu m’apporter une lettre ; il y avait dessus : <i>très pressé</i>. Par respect pour l’Empereur, je me cachais pour essayer de la lire. Elle était en anglais ; on y disait que j’avais fait un très bel ouvrage, qu’il n’était pas pourtant exempt de fautes, que si je voulais les corriger dans une nouvelle édition, nul doute que l’ouvrage n’en valût beaucoup mieux. Et sur ce l’on priait Dieu qu’il m’eût en sa digne et sainte garde. Une telle lettre excitait ma surprise, un peu ma colère ; le rouge m’en était monté au visage ; c’était au point que je ne m’étais pas donné le temps d’en considérer l’écriture. En la reparcourant, j’ai reconnu la main, malgré la beauté inusuelle de l’écriture, et je n’ai pu m’empêcher d’en rire beaucoup à part. Mais l’Empereur, qui me voyait par côté, m’a demandé de qui était la lettre qu’on m’avait remise. J’ai répondu que c’était un écrit qui m’avait imprimé un premier sentiment bien différent de celui qu’il me laisserait. Je le disais si naturellement, la mystification avait été si complète, qu’il se mit à rire aux larmes. La lettre était de lui ; l’écolier avait voulu se moquer de son maître, et s’essayer à ses dépens. Je garde soigneusement cette lettre ; la gaieté, le style et la circonstance me la rendent plus précieuse qu’aucun des brevets que l’Empereur eût pu me donner au temps de sa puissance ». [^2]: <span lang="en-US"> « it is not » raturé.</span> [^3]: <span></span><sup><span lang="en-US"> </span></sup><span lang="en-US">« at » raturé.</span> [^4]: <span></span><sup> </sup>« l’exemplary » raturé. [^5]: <span></span><sup><span lang="en-US"> </span></sup><span lang="en-US">Sur l’enveloppe « Counte Lascases Longwood. very urgent. »</span> [^6]: <span></span><sup> </sup>Expédition autographe, collection privée.</body>
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