|
CG15-40069.md| identifiant | CG15-40069.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1815/08/04 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon à Protestation |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 40069. - </b>Protestation</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">À bord du Bellérophon, 4 août 1815</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Je proteste
solennellement ici, à la face du ciel et des hommes, contre la
violence qui m’est faite, contre la violation de mes droits les
plus sacrés, en disposant, par la force, de ma personne et de ma
liberté. Je suis venu librement à bord du <i>Bellérophon</i> ; je
ne suis point prisonnier, je suis l’hôte de l’Angleterre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’y suis venu à
l’instigation même du capitaine<sup>[^1]</sup>
qui a dit avoir des ordres du gouvernement de me recevoir, et de me
conduire en Angleterre avec ma suite, si cela m’était agréable.
Je me suis présenté de bonne foi, pour venir me mettre sous la
protection des lois de l’Angleterre.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Aussitôt assis à bord
du <i>Bellérophon</i>, je fus sur les foyers du peuple britannique.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si le gouvernement, en
donnant des ordres au capitaine du <i>Bellérophon</i> de me
recevoir, ainsi que ma suite, n’a voulu que tendre une embûche, il
a forfait à l’honneur et flétri son pavillon.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si cet acte se
consommait ce serait en vain que les Anglais voudraient parler à
l’Europe de leur loyauté, de leur loi et de leur liberté. La foi
britannique se trouvera perdue dans l’hospitalité du <i>Bellérophon</i>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’en appelle à
l’histoire, elle dira qu’un ennemi qui fit 20 ans la guerre au
peuple anglais, vint librement, dans son infortune, chercher un asile
sous ses lois ; quelle plus éclatante preuve pouvait-il donner
de son estime, de sa confiance ? Mais comment répondit-on en
Angleterre à une telle magnanimité ? On feignit de tendre une
main hospitalière à cet ennemi, et, quand il se fut livré de bonne
foi, on l’immola<sup>[^2]</sup>.</p>
[^1]: Maitland.
[^2]: <span></span> Copie, Bibliothèque Thiers, fonds Masson, carton 8, p. 141. <i>Recueil
de pièces authentiques sur le captif de Sainte-Hélène de mémoires
et documents écrits ou dictés par l’Empereur Napoléon</i>, Paris, Alexandre Corréard, 1821, p. 15.</body> |
|---|
| |
|