CG15-40052.md

identifiantCG15-40052.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1815/06/16 00:00
titreNapoléon au maréchal Ney, commandant l’aile gauche de l’armée du Nord
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 40052. - </b>Au maréchal Ney, commandant l’aile gauche de l’armée du Nord</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Charleroi, 16 juin 1815<sup>[^1]</sup></h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, je vous envoie mon aide de camp le général Flahaut, qui vous porte la présente lettre. Le major général<sup>[^2]</sup> a dû vous donner des ordres, mais vous recevrez les miens plus tôt, parce que mes officiers vont plus vite que les siens. Vous recevrez l’ordre de mouvement du jour, mais je veux vous en écrire en détail, parce que c’est de la plus haute importance.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je porte le maréchal Grouchy avec les 3<sup>e</sup> et 4<sup>e</sup> corps d’infanterie sur Sombreffe ; je porte ma Garde à Fleurus, et j’y serai de ma personne avant midi. J’y attaquerai l’ennemi si je le rencontre<sup>[^3]</sup>, et j’éclairerai la route jusqu’à Gembloux. Là, d’après ce qui se passera, je prendrai mon parti : peut-être à trois heures après midi, peut-être ce soir. Mon intention est que, immédiatement après que j’aurai pris mon parti, vous soyez prêt à marcher sur Bruxelles. Je vous appuierai avec la Garde, qui sera à Fleurus ou à Sombreffe, et je désirerais arriver à Bruxelles demain matin. Vous vous mettiez en marche ce soir même, si je prends mon parti d’assez bonne heure pour que vous puissiez en être informé de jour et faire ce soir trois ou quatre lieues et être demain à sept heures du matin à Bruxelles.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous pouvez donc disposer vos troupes de la manière suivante :</p><p style="margin-bottom: 0cm">Première division, à deux lieues en avant des Quatre-Chemins<sup>[^4]</sup>, s’il n’y a pas d’inconvénient ; six divisions d’infanterie autour des Quatre-Chemins, et une division à Marbais, afin que je puisse l’attirer à moi à Sombreffe, si j’en avais besoin ; elle ne retarderait d’ailleurs pas votre marche ;</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le corps du comte de Valmy<sup>[^5]</sup>, qui a 3 000 cuirassiers d’élite, à l’intersection du chemin des Romains et de celui de Bruxelles, afin que je puisse l’attirer à moi si j’en avais besoin. Aussitôt que mon parti sera pris, vous lui enverrez l’ordre de venir vous rejoindre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je désirerais avoir avec moi la division de la Garde que commande le général Lefebvre-Desnouettes<sup>[^6]</sup>, et je vous envoie les deux divisions du corps du comte de Valmy pour la remplacer. Mais, dans mon projet actuel, je préfère placer le comte de Valmy de manière à le rappeler si j’en avais besoin, et ne point faire faire de fausses marches au général Lefebvre-Desnouettes, puisqu’il est probable que je me déciderai ce soir à marcher sur Bruxelles avec la Garde. Cependant couvrez la division Lefebvre par les divisions de cavalerie d’Erlon<sup>[^7]</sup> et de Reille, afin de ménager la Garde : s’il y avait quelque échauffourée avec les Anglais, il est préférable que ce soit sur la ligne que sur la Garde.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai adopté comme principe général, pendant cette campagne, de diviser mon armée en deux ailes et une réserve. Votre aile sera composée des quatre divisions du 1<sup>er</sup> corps, des quatre divisions du 2<sup>e</sup> corps, de deux divisions de cavalerie légère et de deux divisions du corps du comte de Valmy. Cela ne doit pas être loin de 45 à 50 000 hommes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le maréchal Grouchy aura à peu près la même force et commandera l’aile droite.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La Garde formera la réserve, et je me porterai sur l’une ou l’autre aile, selon les circonstances.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le major général donne les ordres les plus précis pour qu’il n’y ait aucune difficulté sur l’obéissance à vos ordres lorsque vous serez détaché, les commandants de corps devant prendre mes ordres directement quand je me trouve présent.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Selon les circonstances, j’affaiblirai l’une ou l’autre aile, en augmentant ma réserve.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous sentez assez l’importance attachée à la prise de Bruxelles. Cela pourra d’ailleurs donner lieu à des incidents, car un mouvement aussi prompt et aussi brusque isolera l’armée anglaise de Mons, Ostende, etc.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je désire que vos dispositions soient bien faites, pour qu’au premier ordre vos huit divisions puissent marcher rapidement et sans obstacle sur Bruxelles.<sup>[^8]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3> [^1]: Lettre dictée à Flahaut entre 8 et 9 heures du matin, et remise à Ney vers 10h. [^2]: Soult. [^3]: Ce sera la bataille de Ligny. [^4]: Les Quatre-Bras. [^5]: <span></span> Kellermann fils commande le 3<sup>e</sup> corps de cavalerie. [^6]: Lanciers et chasseurs à cheval de la Vieille Garde. [^7]: Drouet d’Erlon. [^8]: Expédition, Archives nationales, fonds Ney, 137 AP 5. [C 22058]</body>