CG15-40039.md

identifiantCG15-40039.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1815/06/13 00:00
titreNapoléon au maréchal Soult, major général de l’armée du Nord
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 40039. - </b>Au maréchal Soult, major général de l’armée du Nord</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Avesnes, 13 juin 1815</h2><p style="margin-bottom: 0cm">La frontière du pays ennemi ne sera pas violée demain même par des partisans.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le 2<sup>e</sup> corps à Leers c’est-à-dire le plus près possible de la frontière. Les 4 divisions seront réunies et bivouaqueront sur 4 ou <i>2</i> lignes, le quartier général au milieu, la cavalerie en avant mais sans dépasser le frontière [mais] la faisant respecter si quelques partisans ennemis voulaient la violer.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les bivouacs seront placés de manière qu’on ne puisse voir les feux sans que l’ennemi viole la frontière. Les généraux s’assureront que tout est en état, artillerie, pain, ambulances, de manière qu’après-demain 15, les corps puissent arriver à la [fin] sur Charleroi avant 9 heures du matin si l’ordre en est donné, toutes les troupes seront prêtes à partir à 3 heures.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le 1<sup>er</sup> corps<sup>[^1]</sup> demain à Solre (même chose) de manière à ce qu’il ne fasse qu’un avec le 2<sup>e</sup> corps<sup>[^2]</sup> dans la journée d’après-demain, et présente ainsi une force de plus de 40 000 hommes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le maréchal Grouchy avec les 4 corps de cavalerie se portera demain en avant de Beaumont se prolongeant jusque Walcourt et se tiendra prêt à partir après-demain à 3 heures s’il en reçoit l’ordre pour se porter sur Charleroi et faire l’avant-garde de l’armée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le 6<sup>e</sup> corps<sup>[^3]</sup> fera bivouaquer en 1<sup>re</sup> ligne en avant de la cavalerie. Il n’y aura aucun quartier général à Beaumont (ni embarras), toute la cavalerie sera campée, le comte de Lobau se placera militairement comme s’il devait être attaqué, il sera couvert par le corps du général Pajol<sup>[^4]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Recommandez qu’aucun homme ne se laisse voir ni qu’on [finisse] qu’on dépasse la frontière.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les généraux de cavalerie inspecteront les munitions et s’assureront que tout le monde en est pourvu.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le Grand Quartier Général sera demain à Beaumont. Toute la Garde sera bivouaquée hormis le 1<sup>er</sup> régiment de grenadiers qui sera dans la ville. Toute la cavalerie de la Garde sera derrière Beaumont, les corps les plus éloignés à 1 lieue.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le maréchal Mortier choisira un bivouac à un quart de lieue en avant de Beaumont pour l’infanterie : jeune Garde, chasseurs et grenadiers. Tout sera à sa place, artillerie, ambulances, etc. ou sera prêt à partir le 15 à 3 heures du matin.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’équipage de pont sera bivouaqué derrière le 6<sup>e</sup> corps et en avant de la Garde.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le général Vandamme<sup>[^5]</sup>, s’il a couché à Philippeville, ira bivouaquer demain à Sesignel le plus prêt de la frontière mais sans la dépasser ni être vu.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’armée de la Moselle<sup>[^6]</sup> demain à Philippeville afin de pouvoir partir après-demain 15 pour appuyer le général Vandamme.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si le général Vandamme a couché aujourd’hui à Beaumont, il se portera demain du côté de Thy-le-Château sans passer ni être vu de la frontière de manière à pouvoir le 15 déboucher sur Charleroi par une route militaire sans embarrasser le 6<sup>e</sup> corps et la Garde et se tenant toujours sur la droite.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Recommandez au général Gérard de bien garder son flanc droit, l’intention de l’Empereur étant de marcher le 15 sur Charleroi. Si l’armée de Moselle a des pontons elle les fera avancer le plus possible.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Chaque corps fera marcher en tête les sapeurs et les moyens de passage.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les ouvriers de marine et sapeurs de la Garde et de la réserve marcheront après le 6<sup>e</sup> corps et en tête de la Garde.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Tout le monde doit se préparer à marcher serré afin de tomber sur Charleroi et profiter de toutes les possibilités pour écraser les corps qui voudraient menacer devant nous.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Renouvelez à Maubeuge et à la frontière de ne laisser passer personne.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Envoyez des officiers à Maubeuge et à Valenciennes et à Lille pour que les généraux rendent compte de tout ce qu’ils apprendront et me rendent compte par estafette plusieurs fois chaque jour.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Au général de la 2<sup>e</sup> division militaire<sup>[^7]</sup> ordre de se porter sur Charlemont demain avec le tiers des gendarmes de Mézières et y faire réunir partie de la garnison de Charlemont afin de pouvoir se porter le lendemain, si l’ordre lui en est envoyé, sur Dinant, faisant un grand étalage de ses forces, mais évitant de se laisser couper des places, et de se compromettre. Il enverra des officiers à Longwy et Montmédy pour être instruit des mouvements des ennemis du côté de Luxembourg, Arlon et Neufchâteau.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Au commandant de Mézières<sup>[^8]</sup> de diriger les courriers et estafettes sur Philippeville. </p><p style="margin-bottom: 0cm">Le général Gérard enverra des officiers à Metz afin que nous soyons instruits des mouvements qui pourraient avoir lieu sur la Moselle et cette frontière.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Une estafette à Metz pour prévenir le général Belliard ou le maréchal Masséna<sup>[^9]</sup> que probablement le 15 l’Empereur attaquera et qu’il marchera sur Charleroi. Ainsi le 16 et le 17 l’ennemi est dans le cas de commettre des hostilités contre eux, ils doivent prendre des dispositions en conséquence et faire exercer une grande surveillance. Instruire de la même chose le général Rapp et lui dire que si l’ennemi reçoit la bataille, l’influence en ira jusqu’à lui, et que s’il ne la reçoit pas, il est probable que cette invasion attirera une partie des forces sur nous et diminuera celles qui sont devant lui, qu’il doit garder sa position autant qu’il pourra sans se compromettre, qu’on ne croit pas que l’ennemi soit en mesure de rien tenter en Alsace d’ici à 7 ou 8 jours, qu’il lui a été dit qu’il avait deux partis à prendre et que l’Empereur attend l’arrivée du général Gressot<sup>[^10]</sup> pour lui envoyer des instructions positives, il doit donc défendre l’Alsace tant qu’il pourra ensuite s’il était forcé il défendrait les débouchés des Vosges. L’Empereur agissant sur la Meuse avec une grande armée, il n’est pas probable que l’ennemi puisse agir dans le Pays messin avec des grandes forces. Si on avait une bataille heureuse, on pourrait peut-être forcer les Prussiens à repasser le Rhin. L’essentiel est qu’il agisse lentement et sans précipitation. Tout ce qu’on sait de l’ennemi porte à croire que nous avons 15 jours sur lui.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il en préviendra le général Lecourbe<sup>[^11]</sup> par un officier qu’il soit sur ses gardes, mais l’un et l’autre garderont le secret.</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p><p style="margin-bottom: 0cm">Au général Gazan<sup>[^12]</sup> que l’armée va entrer en opération, que le mouvement se porte sur la basse-Sambre, qu’il ne serait pas extraordinaire que l’ennemi n’essayât quelque insurrection et n’envoyât des partis dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, qu’il [faut] se mettre en mesure de déjouer toutes ses initiatives que les garnisons des places surtout celle de Lille étant fortes, il peut en tirer des détachements pour tenir le pays et faire régner le bon ordre et repousser les agressions si notre mouvement réussit. Le corps qu’il aura formé en tirant des garnisons le mettrait à même de se porter en avant et d’entrer dans le pays ennemi avec toute la prudence et précautions nécessaires. Il y a un corps de partisans à Cassel, il peut le jeter en Belgique lorsqu’il le jugera convenable, l’intention de l’Empereur est d’ailleurs de disposer en temps et heure d’une partie de ses garnisons, pour former les équipages des blocus des places de la Belgique et tenir campagne. Ainsi il doit s’y préparer et former deux bonnes batteries. Lui demander compte de ses [...] et des fréquents rapports</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p><p style="margin-bottom: 0cm">Au ministre de la Guerre<sup>[^13]</sup> : que les places du Nord ont besoin de 10 à 12 000 francs pour assumer les troupes, gardes nationales et militaires retraitées. L’empereur désire qu’il les envoie.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’Empereur désire en outre qu’il envoie 10 000 fusils pour armer le pays et département de l’Aisne, Soissons, Guise, Avesnes, etc. L’esprit en est bon, on peut en tirer parti des habitants (développer cela).</p><p style="margin-bottom: 0cm">Au général Leval<sup>[^14]</sup> que l’Empereur a appris qu’il n’a pas exécuté l’ordre d’envoyer une brigade à Gravelines qui lui a été envoyé par le général Frère<sup>[^15]</sup> il doit le faire partir sur-le-champ. Réponse du maréchal.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le prévenir que Bergues est sous son commandement il y aura une garnison en prenant à cet effet sur celle de Dunkerque il doit prendre des mesures en conséquence et y mettre les troupes nécessaires à sa défense.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Retirer un bataillon de Condé (le 5<sup>e</sup> du …) le diriger sur Aire (ou à Valenciennes).</p><p style="margin-bottom: 0cm">Réitérer l’ordre aux 2 bataillons de Soissons de se rendre à marche forcée à Saint-Omer.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Au général La Poype<sup>[^16]</sup> que Saint-Venant<sup>[^17]</sup> est sous ses ordres, il pourvoira à sa garnison et défense.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Au bataillon de Laon de partir sur-le-champ pour se rendre à Béthune. Le plus complet.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Instruire le ministre de ces dispositions et lui mander de pourvoir aux garnisons de Laon, Vitry, Soissons et toutes les places de la Somme.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Au commandant de Calais<sup>[^18]</sup> qu’il doit veiller à ce qui est nécessaire pour la défense d’Ardres et y envoyer un détachement.<sup>[^19]</sup></p> [^1]: Commandé par Drouet d’Erlon. [^2]: Commandé par Reille. [^3]: Commandé par Mouton. [^4]: <span></span> Commandant le 1<sup>er</sup> corps de cavalerie. [^5]: <span></span> Commandant le 3<sup>e</sup> corps. [^6]: <span></span> Ou 4<sup>e</sup> corps, commandé par Gérard. [^7]: Dumonceau, à Mézières. [^8]: Lemoine. [^9]: Sur Masséna, voir ci-dessus, n° 40027. [^10]: Sous-chef d’état-major au quartier général de l’armée du Nord. [^11]: Commandant en chef de l’armée du Jura. [^12]: <span></span> Commandant en chef de la défense de la Somme et de toutes les places de la 16<sup>e</sup> division militaire. [^13]: Davout. [^14]: Gouverneur de Dunkerque. [^15]: <span></span> Commandant la 16<sup>e</sup> division militaire à Lille. [^16]: Gouverneur de Lille. [^17]: Dans le Pas-de-Calais. [^18]: Charrière. [^19]: Minute, collection Pierre Delhaize.</body>