CG15-39210.md

identifiantCG15-39210.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1815/04/04 00:00
titreNapoléon à François Ier, d’Autriche
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 39210. - </b>À François I<sup>er</sup>, d’Autriche<sup>[^1]</sup></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 4 avril 1815</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur mon frère et beau-père, vous aurez appris, dans le cours du mois dernier, mon retour sur les côtes de France, mon entrée à Paris et le départ de la famille des Bourbons. La véritable nature de ces événements doit maintenant être connue de Votre Majesté impériale et royale. Ils sont l’ouvrage d’une irrésistible puissance, l’ouvrage de la volonté unanime d’une grande nation qui connaît ses devoirs et ses droits. La dynastie que la force avait rendue au peuple français n’était plus faite pour lui : les Bourbons n’ont voulu s’associer ni à ses sentiments ni à ses mœurs ; la France a dû se séparer d’eux. Sa voix appelait un libérateur. L’attente, qui m’avait décidé au plus grand des sacrifices, avait été trompée. Je suis venu, et du point où j’ai touché le rivage l’amour de mes peuples m’a porté jusqu’au sein de ma capitale.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le premier besoin de mon cœur est de payer tant d’affection par le maintien d’une honorable tranquillité. Le rétablissement du trône impérial était nécessaire au bonheur des Français. Ma plus douce pensée est de le rendre en même temps utile à l’affermissement du repos de l’Europe. Assez de gloire a illustré tour à tour les drapeaux des diverses nations ; les vicissitudes du sort ont assez fait succéder de grands revers à de grands succès. Une plus belle arène est aujourd’hui ouverte aux souverains, et je suis le premier à y descendre. Après avoir présenté au monde le spectacle de grands combats, il sera plus doux de ne connaître désormais d’autre rivalité que celle des avantages de la paix, d’autre lutte que la lutte sainte de la félicité des peuples. La France se plaît à proclamer avec franchise ce noble but de tous ses vœux. Jalouse de son indépendance, le principe invariable de sa politique sera le respect le plus absolu de l’indépendance des autres nations.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si tels sont, comme j’en ai l’heureuse confiance, les sentiments personnels de Votre Majesté impériale et royale, le calme général est assuré pour longtemps, et la justice, assise aux confins des divers États, suffira seule pour en garder les frontières.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je saisis avec empressement cette occasion pour vous renouveler les sentiments de la sincère estime et de la parfaite amitié avec lesquels je suis,</p><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur mon frère et beau-père,</p><p style="margin-bottom: 0cm">Votre bon Frère,<sup>[^2]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm"><i>Napoléon</i></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm; "> <br/> <br/> </p> [^1]: <span></span> Cette lettre a été envoyée <i>mutatis mutandis</i> à tous les souverains et gouvernement européens et mondiaux dont : Victor-Emmanuel I<sup>er</sup> (extrait [catalogue de vente], Gabriel Charavay libraire, Catalogues des autographes, Paris, 1876, p. 20, n° 214) ; Frédéric-Auguste I<sup>er</sup> (extrait [catalogue de vente], Noel Charavay, Catalogue d’une précieuse réunion d’autographe anciens et modernes, Paris, 21 mai 1924, p. 32, n° 110) ; le congrès des États-Unis (expédition, Department of State, RG59) ; Mahmoud II, shah de Perse (Archives du Ministère des Affaires étrangères, C.P. Perse, vol. 15, fol. 155) ; Victor-Emmanuel V, roi de Sardaigne (Musée d’Antibes, <i>Le retour de l’île d’Elbe</i>, Antibes, juillet-septembre 1937, p. 214). [^2]: Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1796. [C 21769]</body>