CG15-39181.md

identifiantCG15-39181.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1815/04/01 00:00
titreNapoléon à François Ier, empereur d’Autriche
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 39181. - </b>À François I<sup>er</sup>, empereur d’Autriche</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 1<sup>er</sup> avril 1815</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur mon Frère et très cher beau-père, au moment où la Providence me ramène dans la capitale de mes États, le plus vif de mes vœux est d’y revoir bientôt l’objet de mes plus douces affections, mon épouse<sup>[^1]</sup> et mon fils<sup>[^2]</sup>. Comme la longue séparation que les circonstances ont nécessité m’a fait éprouver le sentiment le plus pénible qui ait jamais affecté mon cœur, une réunion si désirée ne tarde pas moins à l’impatience de la vertueuse princesse dont Votre Majesté a uni la destinée à la mienne. Si la dignité de la conduite de l’Impératrice, pendant le temps de mes malheurs, n’a pu qu’accroître la tendresse de Votre Majesté pour une fille qui lui était déjà si chère, vous comprendrez, Sire, combien je dois désirer de voir hâter le moment où je pourrai lui témoigner ma vive reconnaissance. Tout mon bonheur sera de la voir de nouveau recevoir les hommages d’une nation aimante qui, aujourd’hui plus que jamais, saura la chérir et apprécier ses vertus.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Mes efforts tendent uniquement à consolider ce trône que l’amour de mes peuples m’a conservé et rendu, et à le léguer un jour, affermi sur d’inébranlables fondements, à l’enfant que Votre Majesté a entouré de ses bontés paternelles.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La durée de la paix étant essentiellement nécessaire pour atteindre ce but important et sacré, je n’ai rien de plus à cœur que de la maintenir avec toutes les puissances, mais je mets un prix particulier à la conserver avec Votre Majesté.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je désire que l’Impératrice vienne par Strasbourg, les ordres étant donnés sur cette ligne pour sa réception dans l’intérieur de mes États. Je connais trop les principes de Votre Majesté, je sais trop quelle valeur elle attache à ses affections de famille, pour n’avoir pas l’heureuse confiance qu’elle sera empressée, quelles que puissent être d’ailleurs les dispositions de son cabinet et de sa politique, de concourir à accélérer l’instant de la réunion d’une femme avec son mari et d’un fils avec son père.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je désire que Votre Majesté me permette de saisir cette circonstance pour lui réitérer l’assurance des sentiments d’estime, d’amitié et de parfaite considération avec lesquels je suis, de Votre Majesté Impériale, le bon frère et gendre.<sup>[^3]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm">Napoléon</p> [^1]: Marie-Louise [^2]: Roi de Rome [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 21753, d’après la copie communiquée par le gouvernement Autrichien.</body>