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CG15-39150.md| identifiant | CG15-39150.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1815/03/29 00:00 |
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| titre | Napoléon à Murat, roi de Naples |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 39150. - </b>À Murat, roi de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 29 mars 1815<sup>[^1]</sup></h2><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Je suis arrivé.
J’ai traversé la France. L’armée, le peuple, les campagnes, les
villes sont venus au-devant de moi. Je suis entré le 20 mars dans
Paris à la tête du camp d’Essonne, sur lequel le roi</i><sup><i>[^2]</i></sup><i>
comptait. Il s’est retiré à Lille, où il est arrivé le 23. Le
24, voyant que la garnison refusait l’entrée de la ville à sa
Maison, et qu’il était sur le point d’être prisonnier, il s’est
retiré en Angleterre ; toute sa famille en a fait autant.</i></p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Toute la France,
hormis Marseille, dont je n’ai pas encore de nouvelles, a arboré
les couleurs nationales ; Tout est à l’enthousiasme. Les vieux
soldats courent en foule à leurs drapeaux, et les campagnes sont
décidées à tous les sacrifices.</i></p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>J’ai une armée en
Flandre, une en Alsace, une dans l’intérieur, une qui se forme
dans le Dauphiné.</i></p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Jusqu’à cette
heure, je suis en paix avec tout le monde.</i></p><p style="margin-bottom: 0cm"><i>Je vous soutiendrai
de toutes mes forces. Je compte sur vous. Aussitôt que Marseille
aura arboré la cocarde tricolore, envoyez de vos bâtiments pour que
nous puissions correspondre, car je crains bien que la correspondance
par l’Italie ne devienne difficile. Envoyez-moi un ministre, je
vous en enverrai un sur une frégate dans peu.</i><sup>[^3]</sup></p><p style="margin-bottom: 0cm">Je n’ai pas été
maître d’attendre les bâtiments que vous m’avez envoyés. Le
moment ne le comportait pas. Je ne vous en sais pas moins de gré de
leur expédition<sup>[^4]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ceux que vous pourriez
diriger sur la France pour me donner des nouvelles doivent se rendre
à Toulon, c’est le point le plus convenable et le plus sûr.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous devez penser que
mon désir sincère est de maintenir la paix, puisque ce serait
surtout aussi une garantie pour le sort de Votre Majesté ; mais si
nous étions obligés de recourir aux armes, je me trouve dès
aujourd’hui parfaitement en mesure d’en affronter les chances si
l’unanimité de la réunion des Français autour de moi m’assure
que la nation entière est prête à me seconder avec énergie. Les
Français sont disposés aux plus grands sacrifices pour repousser à
jamais le système odieux et avilissant dont ils viennent d’être
délivrés et tous les partis s’accordent à vouloir un
gouvernement fort qui les couvre d’une puissante protection. Je
puis ainsi envisager l’avenir avec sécurité. Le concours de Votre
Majesté ajoute encore à ma confiance ; si son attachement pour moi
n’a pas cessé d’être le même, j’aurai du plaisir à lui
prouver de nouveau qu’Elle peut toujours compter sur mon amitié.<sup>[^5]</sup></p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: L’original autographe n’est pas daté, le 29 mars est donné par une copie d’expédition (Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 15).
[^2]: Louis XVIII.
[^3]: Cette première partie de la lettre est entièrement autographe Napoléon a remplacé : « Je reçois avec satisfaction les nouvelles du dévouement de Votre Majesté. Vous vous êtes trouvé dans des conjonctures difficiles, et j’aime à penser que vous ne vous seriez jamais séparé de ma cause si vous n’aviez jugé que vos intérêts les plus chers vous en imposaient l’obligation. Des circonstances plus heureuses vous offrent aujourd’hui l’occasion de me donner des preuves de vos sentiments. Les Bourbons ont quitté le sol français sans qu’un seul coup de fusil ait été tiré pour leur défense : ils ont licencié leur garde et ne conservent pas même de partisans parmi les hommes qui étaient attachés à leur personne. Le calme le plus profond règne dans toute l’étendue de l’Empire : le pavillon tricolore flotte dans toutes les places de guerre, dans tous les ports : Marseille seule, égarée par quelques intrigants, n’à point encore mêlé sa voix à celle des autres villes, mais son repentir ne se fera pas longtemps attendre et elle ne peut manquer de suivre bientôt l’exemple général dans un semblable état des choses, le mouvement que Votre Majesté opère s’accorde parfaitement avec mes vues. Vous pouvez le poursuivre sans crainte, je suis prêt à vous soutenir. Le rétablissement de nos anciennes relations ne sera point différé de ma part. Je ne tarderais point à accréditer un ministre auprès de Votre Majesté, et je choisirai un ministre qui lui convienne. »
[^4]: Murat avait envoyé deux vaisseaux de guerre appuyer le départ de l’île d’Elbe (dont il était par conséquent informé). Les deux navires étaient arrivés après le départ de Napoléon.
[^5]: <span></span> Minute autographe, collection privée. [<i>C</i> 21745] [BRO 1379]</body> |
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