CG15-39033.md

identifiantCG15-39033.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1815/03/17 00:00
titreNapoléon au maréchal Ney
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 39033. - </b>Au maréchal Ney</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Auxerre, 17 mars 1815,<i> à 10 heures du soir</i></h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin<sup>[^1]</sup>, je reçois votre lettre du 16 à 8 heures du soir avec l’itinéraire de vos troupes, où je vois que vous couchez ce soir à Vitaux. Je ne vois pas de cartouches d’infanterie réunies à la suite de votre artillerie. Il serait nécessaire d’en avoir quelques caissons. Je suppose que vos régiments ont leurs 50 cartouches. Voyez de tâcher de diriger d’Auxonne une centaine de mille de cartouches jusqu’à Joigny.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La Vieille Garde à pied nous joindra à Sens.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Des hommes partis hier de Paris m’assurent que le maréchal Mortier<sup>[^2]</sup> a voulu faire arrêter Drouet<sup>[^3]</sup> et que la garnison s’est révoltée. En conséquence que le maréchal Mortier est arrivé à Paris et que Drouet marche sur cette ville.</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’appel fait par le Roi<sup>[^4]</sup> aux volontaires n’a rien produit. Le peuple de Paris paraît bien disposé et le général Maison m’a fait dire qu’aussitôt qu’on approcherait de Paris, il viendrait me joindre avec sa garnison<sup>[^5]</sup>. […]<sup>[^6]</sup>. Le peuple est partout extrêmement bien disposé. La division Girard sera demain 18 à Joigny. La division Brayer sera demain à Serre. La division Jeanin sera également demain à Avallon. La division Lefol<sup>[^7]</sup> sera entre Saulieu et Avallon. Je reste demain à Auxerre pour nous pelotonner un peu. Ameil voyageant seul à franc étrier s’est fait arrêter hier<sup>[^8]</sup>. Je suppose que le général Devaux est arrivé à Dijon. Il n’y avait ce matin aucune troupe depuis Paris jusqu’à Fontainebleau, Sens et Auxerre. Il y avait à Melun 200 officiers réformés ou à la demi-solde qui venaient de Paris. Les troupes dont vous a parlé le négociant de Namur sont celles du duc de Bellune qui marche avec 6 bataillons sur Châlons<sup>[^9]</sup>. J’ai des nouvelles des carabiniers et du 6<sup>e</sup> de dragons qui marchera avec Oudinot<sup>[^10]</sup> ce qui m’assure qu’ils sont disposés entièrement à nous joindre, aussitôt que cela sera possible. Faites-moi connaître à qui vous avez laissé le commandement de Besançon<sup>[^11]</sup> et ce qui reste dans la place. Recommandez surtout la citadelle. Qu’est devenu le 4<sup>e</sup> de ligne ? Quelle direction a-t-il pris ? Appartient-il au maréchal Oudinot ou au maréchal Suchet<sup>[^12]</sup> ?</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il me paraît que vous avez 10 pièces de canon ? Envoyez-moi l’itinéraire du bataillon d’artillerie que vous avez fait partir d’Auxonne.<sup>[^13]</sup></p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm"><i>Napol</i></p> [^1]: Ney s’est rallié à Napoléon le 14 mars et le rejoindra le 18 à Auxerre. [^2]: <span></span><sup>Gouverneur de la 16</sup><sup>e</sup><sup> division militaire à Lille.</sup> [^3]: Drouet d’Erlon a pris part à la « Conspiration du Nord » qui a éclaté simultanément au débarquement de Napoléon, sans y être lié. Il sera relâché le 21 mars. [^4]: Par une ordonnance du 9 mars, Louis XVIII a appelé aux armes ceux qu’on appellera les « volontaires royaux ». [^5]: Maison suivra pourtant Louis XVIII à Gand. [^6]: Phrase entière soigneusement rayée. [^7]: Orthographié « Le Folle ». [^8]: Il sera transféré à la prison de l’Abbaye d’où l’Empereur le fera libérer le 20 mars. [^9]: <span></span> Châlons-en-Champagne. Gouverneur de la 2<sup>e</sup> division militaire à Mézières, Victor tentera d’organiser la résistance à Napoléon à Châlons avant d’y renoncer. Il rejoindra Louis XVIII à Gand. [^10]: <span></span> Gouverneur de la 3<sup>e</sup> division militaire, Oudinot tentera de s’opposer au retour de Napoléon mais, devant la mauvaise humeur de ses troupes, y renoncera et se retirera dans sa maison de Bar-le-Duc, le 24 mars. [^11]: Ney a emmené avec lui le commandant en titre, le général Bourmont. [^12]: <span></span> Gouverneur de la 5<sup>e</sup> division militaire à Strasbourg [^13]: Expédition, Archives nationales, fonds Gourgaud, 314 AP 5. </body>
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