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CG15-38981.md| identifiant | CG15-38981.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1815/01/10 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Drouot, gouverneur de l’île d’Elbe |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38981. - </b>Au général Drouot, gouverneur de l’île d’Elbe</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Portoferraio, 10 janvier 1815</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous envoie le
budget de la guerre pour l’année 1815<sup>[^1]</sup>.
Vous remarquerez que j’ai jugé indispensable de porter le
gouverneur à quinze mille francs et le général de brigade à douze
mille, ce qui fait une augmentation de cinq mille francs au budget.
J’ai supprimé un des gardes du génie, trois suffisent ; c’est
une économie de sept cents francs. Je n’ai porté pour l’entretien
des bâtiments de la marine que sept mille francs au lieu de 13 300
francs : c’est donc une économie de 5 500 francs au
bataillon de chasseurs. J’ai supprimé la masse de recrutement, et
je n’ai mis que trois cents francs pour les transports par mer.
J’ai réduit la masse d’habillement à 11 883
francs ; économie : 7 460 fr.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Au bataillon franc<sup>[^2]</sup>,
j’ai réduit la masse d’habillement de quinze mille francs. À
l’infanterie de la Garde, j’ai réduit de douze mille francs la
masse d’habillement. J’ai porté la masse d’habillement de la
cavalerie de la Garde de 9 960 francs à 6 900 : économie,
3 060 francs. J’ai également diminué la masse de
l’habillement de l’artillerie de 1 740 fr. Pour les travaux
du génie, je n’ai porté qu’un fonds de deux mille francs ; j’ai
accordé pour cet objet douze mille francs sur le fonds de la vente
de la caserne ; j’ai supprimé les vivres de la Pianosa
au premier février ; je n’ai porté que mille francs
pour extraordinaire : ce qui fait une économie de 14 700
francs sur ce chapitre. J’ai également réduit de deux mille
francs le chapitre de la gendarmerie.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Total des
économies : 47 905 francs. Augmentation cinq mille.
Le budget est donc réduit de quarante-trois mille francs<sup>[^3]</sup>.
J’ai supprimé le commis de marine et le garçon de bureau qui sont
inutiles, la marine étant trop peu considérable.<sup>[^4]</sup></p><p style=""><br/>
<br/>
</p>
[^1]: Dès les premiers jours de son règne, Napoléon organise son « petit Empire ». Cinq grands ensembles administratifs sont définis : une administration générale dirigée par l’intendant regroupant les services civils autrefois de la compétence du sous-préfet, les communes, les Domaines réservés à l’empereur (palais ou domaines productifs), la Maison de l’empereur regroupant la cour et le personnel domestique et enfin les forces armées (soldats, fortifications et casernes). Le budget évoqué ici concerne le dernier ensemble.
[^2]: Formé en mai 1814, le bataillon franc regroupe les volontaires elbois en état de servir.
[^3]: Selon le traité de Fontainebleau, Napoléon devait recevoir deux millions de francs par an. Jamais le gouvernement royal ne consentira à lui payer cette somme. N’offrant que des recettes modestes, l’île d’Elbe ne peut supporter le coût de la petite armée de Napoléon (800 hommes), les frais d’aménagement de ses résidences ainsi que les dépenses relatives à sa cour et à ses domestiques malgré les différentes économies souhaitées. Aussi, l’empereur est-il contraint de puiser continuellement dans sa cassette. À ce rythme, il sera bientôt ruiné en l’espace d’un à deux ans.
[^4]: <span></span> Léon G. Pélissier, <i>Registre de l’île d’Elbe, lettres et
ordres inédits de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i>, 28 mai
1814 - 22 février 1815</i>, Fontemoing, 1897, p. 239, n° 157.</body> |
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