| identifiant | CG15-38972.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1815/01/02 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Drouot, gouverneur de l’île d’Elbe |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38972. - </b>Au général Drouot, gouverneur de l’île d’Elbe</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Portoferraio, 2 janvier 1815</h2><p style="margin-bottom: 0cm"><i>La</i> <i>Mouche</i>
fera le service de la poste. Donnez ordre que <i>L’Abeille</i>
prenne cette nuit des vivres pour huit jours. Elle sera montée par
huit marins de la Garde et commandée par le capitaine de frégate<sup>[^1]</sup>,
qui se rendra demain à la marine de Marciana et de là au cap
Saint-André, pour surveiller les mouvements des bâtiments français
qui paraissent avoir établi une croisière autour de l’île. Il
pourra prendre mon canotier<sup>[^2]</sup>
pour lui servir de pilote. Il descendra à la marine de Marciana ; il
verra le maire<sup>[^3]</sup>,
le garde de Santé<sup>[^4]</sup>
et causera avec les matelots, s’il y en a qui soient venus de
Capraja et qui aient eu connaissance de ces bâtiments français. Il
fera passer son rapport par un gendarme de Marciana. Il sera
nécessaire que ce capitaine de frégate reste avec <i>L’Abeille</i>
au cap Saint-André, et qu’il fasse toutes les croisières
nécessaires pour observer les démarches de ces bâtiments. Il
s’assurera aussi de l’état des batteries du cap Saint-André.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez ordre à
l’officier d’ordonnance Bernotti de s’embarquer sur <i>L’Abeille</i>,
afin d’aider de ses connaissances locales le capitaine de frégate.
Ils se concerteront pour avoir des renseignements sur tous les
bâtiments qui arriveront au cap Saint-André et à Marciana. Ils
enverront, à bord des bâtiments français, un bateau pêcheur avec
un homme intelligent, pour s’informer de ce qui se passe. Tâchez
surtout d’avoir les noms des bâtiments et ceux des officiers qui
les commandent. Le capitaine de frégate pourra communiquer avec eux
lorsqu’il connaîtra ces officiers.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous donnerez ordre au
commandant de Marciana<sup>[^5]</sup>
de retourner à son poste et de faire tous les jours des observations
sur les mouvements de cette croisière, et de surveiller exactement
tous les bâtiments et les passagers qui arriveront. Comme le cap
Saint-André est sous ses ordres, il aura soin de se tenir informé
de tout ce qui s’y passera et de vous le faire connaître tous les
jours.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous donnerez ordre au
commandant de la gendarmerie<sup>[^6]</sup>
d’envoyer cette nuit une brigade de quatre gendarmes à Procchio,
où ils resteront en station jusqu’à nouvel ordre. Il enverra tous
les jours des patrouilles pour interroger les habitants des maisons
qui sont sur le bord de la mer, et savoir s’il n’est arrivé
aucun bâtiment, et s’il n’est débarqué personne de suspect. Le
commandant de la gendarmerie de Marciana fera la même chose le long
de la côte jusqu’au cap Saint-André et jusqu’à la Tonnara. Un
gendarme intelligent restera au cap Saint-André pour interroger tous
les bâtiments qui viendront et faire son rapport.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ordonnez au commandant
du fort Montebello<sup>[^7]</sup>
de faire faire, tous les matins, la visite de la côte jusqu’à
l’Infola, pour s’assurer qu’il n’est rien débarqué sur
cette plage. Le commandant du fort Saint-Hilaire fera faire la même
chose depuis Portoferraio jusqu’au fort Montebello.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous écrirez à
l’intendant<sup>[^8]</sup>
de donner des ordres aux gardes de Santé de Marciana et du cap
Saint-André, pour qu’ils envoient tous les jours leurs rapports
sur les mouvements de la croisière française.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ordonnez au capitaine
du port<sup>[^9]</sup>
d’envoyer à Capraia un bateau avec un homme intelligent, pour
prendre des renseignements sur les bâtiments français, avoir leurs
noms et s’informer de toutes les nouvelles de la Corse ou du
continent. Il recommandera à ce bateau de passer le plus près
possible des bâtiments français, afin de les observer ; et,
pour qu’il ne donne point d’ombrage, on fera embarquer dessus dix
sacs de blé, vingt sacs de sel et pour 200 francs de légumes que le
patron du bâtiment sera autorisé à vendre à Capraia, au prix que
coûteront ces denrées. Ce petit commerce nous mettra à même
d’avoir fréquemment des nouvelles.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je pense qu’il est
convenable que vous fassiez venir le sieur Senno, pour lui
recommander de prendre des mesures afin d’avoir des renseignements
sur les bâtiments français, au moyen des hommes qu’il a à
l’Infola et à la Tonnara ; il pourrait y envoyer un
homme intelligent. Il est surtout bien important que, s’ils
s’approchaient la nuit des côtes, vous en soyez informé
sur-le-champ. Enfin mettez au fait de cette croisière le garde des
signaux du fort Falcone, afin qu’il ne la perde pas de vue.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Donnez des ordres pour
que les rapports du commandant de Marciana, du capitaine de frégate,
etc., arrivent tous les jours. La brigade de Marciana enverra un
gendarme à Procchio et celle de Procchio en enverra un à
Portoferraio.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Recommandez au
capitaine du port de ne pas quitter son poste et de redoubler de
surveillance pour être bien au fait de tout ce qui se passe. Le
commandant de la gendarmerie tiendra deux gendarmes à la marine de
Campo, afin d’être promptement instruit des débarquements qui
pourraient se faire de ce côté. Écrivez au capitaine Gualandi
d’envoyer tous les jours un de ses officiers parcourir les côtes
inhabitées de Pomonte et autres, pour s’assurer qu’il ne s’est
fait aucun débarquement.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le capitaine de frégate
commandant <i>L’Abeille</i>, jusqu’à ce qu’on puisse lui
donner un bâtiment plus gros, aura en conséquence 100 francs de
plus d’appointements par mois. Procurez-lui une bonne lunette, s’il
n’en a pas.<sup>[^10]</sup></p><p style=""><br/>
<br/>
</p>
[^1]: ??
[^2]: Achille Gentilini, par ailleurs valet de pied.
[^3]: Bernardo Senno.
[^4]: <span></span> François Galanti, capitaine de la mouche <i>La Caroline</i>.
[^5]: ??
[^6]: Ours François Paoli, commandant de gendarmerie depuis mai 1814.
[^7]: La capitaine Lusini.
[^8]: Giuseppe Balbiani.
[^9]: François Filidoro, capitaine du port depuis mai 1814.
[^10]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 21663, d’après le registre d’ordres de la Bibliothèque du Louvre. </body> |
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