CG15-38928.md

identifiantCG15-38928.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/10/28 00:00
titreNapoléon à Peyrusse, trésorier de la couronne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38928. - </b>À Peyrusse, trésorier de la couronne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Portoferraio, 28 octobre 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Vous trouverez ci-joint la copie d’une décision que j’ai prise et qui vous permettra de régulariser toutes les dépenses<sup>[^1]</sup>. Je désire que vous soldiez sur-le-champ le grand maréchal et le gouverneur<sup>[^2]</sup> de ce qui leur est dû jusqu’au premier octobre, sur le pied de vingt mille francs par an pour le grand maréchal, et de douze mille pour le gouverneur. Cela ne me gênera en aucune manière : j’ai compté là-dessus. Aussitôt que vous aurez connaissance des deux millions de Paris<sup>[^3]</sup>, vous mettrez également à leur disposition ce qui leur revient sur le pied de vingt mille francs par an pour le grand maréchal, et de douze mille francs pour le gouverneur.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai diminué le chapitre 2 de 40 000 francs. J’ai supprimé la table de l’office il y a un mois, et celle des officiers au premier novembre. Ensuite j’ai supprimé trois employés qui avaient des frais de table. Je n’ai pas disposé de leurs appointements pendant les deux derniers mois : ils les toucheront comme gratification et frais de route.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le grand maréchal vous aura fait connaître que j’ai fixé définitivement les gages de ma chambre, savoir : Marchand, deux mille quatre cents francs ; Gillis, deux mille ; Saint-Denis, dix-huit cents ; Noverraz<sup>[^4]</sup>, quinze cents ; Santini<sup>[^5]</sup>, douze cents ; et le garçon de garde-robe douze cents. Les gages de Saint-Denis lui seront payés à dater de l’époque à laquelle il a cessé de toucher ses anciens gages à Paris. J’ai supprimé aussi plusieurs individus de la cuisine à dater du premier octobre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’augmente le chapitre 3 de huit mille francs : vous ferez solder là-dessus l’achat des chevaux, le cabriolet venu de Gênes, les baroches<sup>[^6]</sup>, la peinture des calèches, et différentes autres dépenses extraordinaires, dont je désire que vous me remettiez l’état.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai augmenté le chapitre 6 de quatre mille francs. Vous solderez là-dessus les orangers et mûriers pour le jardin de Portoferraio. J’ai augmenté les bâtiments de cinquante mille francs et le garde-meuble de quinze mille francs. Les dépenses extraordinaires d’octobre et celles de novembre et décembre seront prises sur ces quinze mille francs. Soldez tout ce qui est dû sur ce chapitre. Le budget de la maison se trouve donc augmenté de 11 753 francs, que vous prendrez sur l’excédent des recettes de l’île. Vous emprunterez sur les dépenses imprévues le bon de 1 350 francs que j’ai signé pour supplément de cassette. Rapportez au chapitre de l’écurie les cinq cents francs pour l’achat du cheval. Les dépenses pour la pharmacie doivent être payées par la guerre. Les 425 francs pour frais de transports devront être payés par le garde-meuble, et les cinq cent douze francs pour l’achat d’un canot, sur les dépenses de la marine. Il est de mauvais ordre que, pour une même nature de dépenses, on ait recours à différents services. S’il y a insuffisance sur quelques parties du budget de la guerre, j’y pourvoirai. Les 83 francs pour l’artifice seront payés sur le chapitre de l’artillerie, la maison Vantini, sur les bâtiments, et vous ne payerez que jusqu’à l’époque de l’arrivée de Madame. Toutes ces observations détruisent presque entièrement vos dépenses de fonds de réserve.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous remettrez au sieur Lapi tous les comptes d’arbres et d’animaux destinés à Saint-Martin, afin qu’il s’assure que tous ces objets ont été fournis. Il me soumettra un bon du montant de la dépense, qui sera acompte sur son budget. Je crois qu’une partie des graines doivent être payées sur le jardin de Portoferraio.<sup>[^7]</sup></p><p style=""><br/> <br/> </p> [^1]: Voir lettre n° 38924. [^2]: Le comte Drouot. [^3]: Selon le traité de Fontainebleau, Napoléon devait recevoir deux millions de francs par an. Jamais le gouvernement royal ne consentira à lui payer cette somme. N’offrant que des recettes modestes, l’île d’Elbe ne peut supporter le coût de la petite armée de Napoléon (800 hommes), les frais d’aménagement de ses résidences ainsi que les dépenses relatives à sa cour et à ses domestiques malgré les différentes économies souhaitées. Aussi, l’empereur est-il contraint de puiser continuellement dans sa cassette. À ce rythme, il sera bientôt ruiné en l’espace d’un à deux ans. [^4]: Jean-Abram Noverraz, second chasseur. [^5]: Jean-Noel Santini, huissier et gardien du portefeuille. [^6]: Charrette à ridelle pleine. [^7]: <span></span> Léon G. Pélissier, <i>Registre de l’île d’Elbe, lettres et ordres inédits de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup>, 28 mai 1814 - 22 février 1815, Paris, Fontemoing, 1897, p.182, n° 117.</body>