|
CG15-38851.md| identifiant | CG15-38851.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1814/09/07 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon au général Bertrand, grand maréchal du palais |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38851. - </b>Au général Bertrand, grand maréchal du palais</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Longone, 7 septembre 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Il résulte de l’état des recettes
et des dépenses de l’île<sup>[^1]</sup>
au premier août 1<sup>o</sup> que les impositions directes n’ont
encore rien produit ; 2<sup>o</sup> que les postes ont
coûté 2 500 francs et qu’elles n’ont rapporté que 1 400
francs ; 3<sup>o</sup> que les droits de congé et des
invalides n’ont rien rendu en juillet. Je désirerais avoir une
note des économies qu’on pourrait espérer sur le budget des
dépenses de cette année, et savoir si le budget des recettes ira à
cent dix mille francs, ainsi qu’il a été porté. On pourrait
faire quelques économies sur le chapitre des postes, en supprimant
les piétons et en faisant porter les lettres dans les communes par
des ordonnances à cheval.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai accordé dix mille francs pour
les routes et dix mille francs pour le lazaret sur lequel je vous ai
demandé un rapport. S’il ne devait pas être fait, ces dix mille
francs seraient employés aux routes qui ont tant d’influence sur
l’économie de la maison. Faites-moi un rapport sur ce qu’ont
coûté les routes jusqu’à ce jour, sur ce qui reste des dix mille
francs accordés par le budget, et sur la répartition des dix mille
francs du lazaret.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les impositions directes de l’île
montent à vingt et un mille francs. On a proposé de les remplacer
par un droit sur la sortie des vins, qui pourrait rendre trente mille
francs et que je percevrais sans aucune espèce de difficulté. Cela
exigerait à l’extérieur de la ville une surveillance dont on
pourrait profiter pour mettre des droits sur quelques productions de
l’île, par exemple sur les tuiles et les briques, et
insensiblement on porterait cela sur d’autres objets ; il
serait important de tirer de l’île, pour le service de la guerre,
une cinquantaine de mille francs. Dans l’énumération des
économies à faire sur les dépenses de l’île, je comprends les
neuf mille francs du chapitre <span style="font-variant: small-caps">vi</span>
(clergé) que je voudrais faire payer par les bénéfices et les
mainmortes que possède l’île. Il faudrait que les dépenses de
l’île ne montent qu’à soixante mille francs et les recettes à
cent vingt mille francs. Il y aurait dix mille francs pour dépenses
imprévues et cinquante mille francs pour la guerre. Il résulte des
mêmes états pour la maison que tout le chapitre <span style="font-variant: small-caps">viii</span>
était épuisé au premier août<sup>[^2]</sup>.<sup>[^3]</sup></p><p style=""><br/>
<br/>
</p>
[^1]: Dès les premiers jours de son règne, Napoléon organise son « petit Empire ». Cinq grands ensembles administratifs sont définis : une administration générale dirigée par l’intendant regroupant les services civils autrefois de la compétence du sous-préfet, les communes, les Domaines réservés à l’empereur (palais ou domaines productifs), la Maison de l’empereur regroupant la cour et le personnel domestique et enfin les forces armées (soldats, fortifications et casernes). Chaque ensemble est financé par ses recettes propres, l’administration de l’île étant payé par les impôts.
[^2]: Selon le traité de Fontainebleau, Napoléon devait recevoir deux millions de francs par an. Jamais le gouvernement royal ne consentira à lui payer cette somme. N’offrant que des recettes modestes, l’île d’Elbe ne peut supporter le coût de la petite armée de Napoléon (800 hommes), les frais d’aménagement de ses résidences ainsi que les dépenses relatives à sa cour et à ses domestiques malgré les différentes économies souhaitées. Aussi, l’empereur est-il contraint de puiser continuellement dans sa cassette. À ce rythme, il sera bientôt ruiné en l’espace d’un à deux ans.
[^3]: <span></span> Léon G. Pélissier, <i>Registre de l’île d’Elbe, lettres et
ordres inédits de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup>, 28 mai 1814 - 22 février 1815, Paris, Fontemoing, 1897, p. 102, n° 66.</body> |
|---|
| |
|