CG15-38834.md

identifiantCG15-38834.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/08/30 00:00
titreNapoléon au général Bertrand, grand maréchal du palais
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38834. - </b>Au général Bertrand, grand maréchal du palais</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Madone, 30 août 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte Bertrand, je reçois votre lettre du 29 et j’y réponds de suite. Je vous envoie la clef du bureau qui était dans ma bibliothèque ; vous y trouverez un portefeuille en maroquin rouge, dans lequel se trouve la clef de mon armoire ; ayez soin de faire retirer tout ce qui se trouve dedans. Faites jeter à terre la muraille qui sépare ma chambre à coucher de ma baignoire. Si la cheminée peut être faite dans le milieu, en face des fenêtres, le lit pourra être placé dans la longueur ; si cela n’est pas possible, faites-la faire où vous pourrez. Il conviendrait que cela fût fait samedi au soir, afin que je puisse y aller dimanche. Autant le séjour de la Madone est agréable dans les chaleurs, autant il est incommode par le mauvais temps.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si le logement de Longone était bien terminé, et que je fusse obligé de quitter la Madone, je ne verrais pas d’inconvénient à aller à Longone. Faites-moi connaître où en est ce logement. Je suis fâché qu’on n’ait pas déjà fait les plafonds de la salle d’en haut. Ordonnez qu’on mette à la poutre trois plates-bandes en fer, chacune de quatre pieds de long ; cela consolidera la poutre, et on sera assuré qu’elle ne cassera plus là ; celle de Livourne serait en réserve en cas d’événement. Je ne conçois pas trop ce que vous me dites relativement à la galerie, à la salle à manger et à mon bureau ; ces pièces n’ont pas de plafond, et il me semble qu’en mettant une poutre et faisant passer par-dessus le plafond, cela remédierait à tout. Il ne peut donc y avoir besoin d’attendre de Livourne pour avoir les poutres, puisque cela n’a pas trente pieds et qu’il y a dans les magasins du génie et de Rio des poutres de cette grandeur. Assurez-vous par vous-même qu’on travaille aux fenêtres d’en haut et à la salle de spectacle, car l’architecte<sup>[^1]</sup> ne sait rien commander, et je ne serais pas étonné qu’il n’y eût rien de fait encore. Voici cependant le moment où ces pièces me deviendront nécessaires.</p><p style="margin-bottom: 0cm">En résumé, 1<sup>o</sup> faire mettre demain trois plates-bandes en fer à la poutre d’en haut ; 2<sup>o</sup> abattre la muraille qui sépare ma chambre à coucher de ma baignoire ; 3<sup>o</sup> placer l’armoire qui y existe dans la chambre où est mon lit en fer, car je suppose qu’il n’est pas possible de la laisser où elle est ; si cependant cela était possible, il faudrait la laisser ; elle se trouverait couverte par le lit, et on la peindrait de manière qu’elle ne se voie pas ; 4<sup>o</sup> s’il était possible de s’assurer d’avance des fenêtres, arranger les quatre fenêtres du côté du jardin, en les faisant aussi grandes et en les plaçant au-dessous de celles d’en haut. Il faudrait que ma chambre à coucher et ma bibliothèque fussent terminées de manière à être habitables lundi prochain. Savoir ensuite la longueur précise que doivent avoir les poutres pour ôter l’escalier de la galerie (on en trouverait ici de trente pieds de longueur), et le temps qu’il faudrait pour détruire cet escalier, abattre le mur, faire le plafond de la galerie et l’arranger.<sup>[^2]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm">Napoléon</p><p style=""><br/> <br/> </p> [^1]: Paolo Bargigli, architecte en chef venu de Carrare. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 21625, d’après l’original communiqué par le général Bertrand. Extrait [catalogue de vente], J. Vidal-Mégret, <i>Archives du général comte Bertrand</i>, Drouot, 13 décembre 1982, n° 88. </body>