| identifiant | CG15-38824.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/08/27 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Bertrand, grand maréchal du palais |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38824. - </b>Au général Bertrand, grand maréchal du palais</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Madone, 27 août 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte Bertrand, je vous
renvoie deux rapports du trésorier relatifs aux propositions du
sieur Sibile<sup>[^1]</sup>.
Vous autoriserez le sieur Pons<sup>[^2]</sup>
à passer un marché à ce négociant, aux conditions suivantes<sup>[^3]</sup>
:</p><p style="margin-bottom: 0cm">1<sup>o</sup> Il aura l’extraction
exclusive du minerai pour la Ligurie, à dater du 1<sup>er</sup>
janvier 1815.</p><p style="margin-bottom: 0cm">2<sup>o</sup> Il sera tenu d’en
extraire 100 000 quintaux par an.</p><p style="margin-bottom: 0cm">3<sup>o</sup> Le prix sera réglé
comme pour la Ligurie ; le prix doit être porté dans le
marché.</p><p style="margin-bottom: 0cm">4<sup>o</sup> Il payera en lettres de
change à quatre mois sur Portoferraio, à dater du jour de
l’exportation.</p><p style="margin-bottom: 0cm">5<sup>o</sup> Il aura une prime de 20
pour 100 pour tout ce qu’il extraira au-dessus de 100 000
quintaux.</p><p style="margin-bottom: 0cm">6<sup>o</sup> Il se servira des
bâtiments de Rio, avec la condition que, si les patrons étaient
trop exigeants, des experts régleraient le nolis.</p><p style="margin-bottom: 0cm">7<sup>o</sup> Un bâtiment sera chargé
et partira tous les lundis pour le port de la Ligurie désigné par
l’entrepreneur. Vous ferez connaître que le but de cette condition
est d’avoir une correspondance régulière avec la Ligurie, et que
peu importe que les bâtiments soient gros ou petits ; à
vue d’œil, il faut plus de cent bâtiments pour porter les 100 000
quintaux de minerai ; ainsi cette condition ne peut gêner
l’entrepreneur.</p><p style="margin-bottom: 0cm">8<sup>o</sup> Oneille et Loano seront
compris dans l’exclusion.</p><p style="margin-bottom: 0cm">9<sup>o</sup> L’entrepreneur sera
tenu d’exporter, chaque mois, au moins un quinzième de ce qu’il
doit exporter, et, dans le cas où il ne remplirait pas cette
condition, il n’en signerait pas moins les lettres de change comme
s’il avait retiré son quinzième. Il sera maître de répartir les
trois autres quinzièmes comme il voudra. Enfin, au 31 décembre, ses
100 000 quintaux seront retirés, et, dans le cas où ils ne le
seraient pas, il en signera toujours les lettres de change.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites dresser par M. Pons l’état de
la quantité de minerai qu’il a fourni à l’État de Gênes
depuis trois ans, afin que je voie ce que le sieur Sibile aura à
fournir par an. Que le sieur Pons assure, par tous les moyens
possibles, la sûreté de ce contrat.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il eut été avantageux que le sieur
Sibile eût pu fournir une caution dans le pays.<sup>[^4]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.42cm">Napoléon</p><p style="margin-top: 0.49cm; margin-bottom: 0.49cm"><i>P. S.</i>
Prenez des informations sur le sieur Sibile, pour savoir si cet homme
a réellement des moyens en Ligurie. Il se réclame du président du
tribunal.</p><p style=""><br/>
<br/>
</p>
[^1]: Sibille, négociant génois qui s’est engagé à acheter chaque année 10 000 tonnes de fer à l’Empereur.
[^2]: Pons de l’Hérault, directeur des mines de Rio à l’île d’Elbe.
[^3]: L’exploitation du minerai de fer constituait la richesse principale de l’île. Située près de Rio Montagne, la mine était connue depuis fort longtemps. Dirigée par André Pons de l’Hérault, elle avait été concédée sous l’Empire à la Légion d’Honneur qui recevait des bénéfices conséquents, de l’ordre de 300 000 francs par an, ce qui représentait trois fois le produit des impositions de l’île. De nombreux ouvriers originaires pour la plupart de la petite ville de Rio y travaillaient. Quand l’île d’Elbe fut cédée à Napoléon, la mine lui revint de droit.
[^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 21623, d’après l’original communiqué par le général Bertrand. Extrait [catalogue de vente], J. Vidal-Mégret, <i>Archives du général
comte Bertrand</i>, Drouot, 13 décembre 1982, n° 88.</body> |
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