CG15-38719.md

identifiantCG15-38719.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1814/07/03 00:00
titreNapoléon au général Bertrand, grand maréchal du palais
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38719. - </b>Au général Bertrand, grand maréchal du palais</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Portoferraio, 3 juillet 1814</h2> <p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte Bertrand, je vous envoie le budget de la ville<sup>[^1]</sup>. Ce n’est pas celui de 1815 que j’ai demandé, mais celui de 1814. On me proposera le budget de 1815 dans le courant de novembre. Alors on aura des données plus fixes sur les recettes et les dépenses ; il est inutile de le faire six mois d’avance. Le budget de 1814 a été arrêté ; je désire donc qu’une colonne contienne le budget tel qu’il a été arrêté, et qu’une autre contienne les changements nécessités par les circonstances.</p> <p style="margin-bottom: 0cm">TITRE PREMIER. - DES HOSPICES. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Les hospices paraissent avoir été portés au budget pour une somme de 4 200 F. Si cela est ainsi, il y aura une économie considérable à faire. Il faut arrêter le compte de ce qu’a coûté l’hôpital jusqu’au 1er juillet ; et, pour les six derniers mois, comme je l’ai réuni à l’hôpital militaire, il sera suffisant de porter une somme pour neuf lits évalués à 1 franc 50 centimes par jour, en supposant toutefois qu’il y aura neuf lits. Et, s’il y en avait moins, ce serait une bonification. Mais on doit établir en principe qu’il y aura neuf lits pour les malades de la ville, pour lesquels on donnera chaque jour 1 franc 50 centimes. Il est probable que les neuf lits ne seront pas remplis ; peut-être même cela n’ira-t-il pas jusqu’à six. Voilà donc une économie sur le budget. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">TITRE II. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Ce titre est relatif aux dettes. Ce que propose l’intendant me paraît fort raisonnable. La commune se trouvera par ce moyen libérée des intérêts des six derniers mois ; et, comme ils ont été portés, voilà encore un objet de bonification au budget de 1814. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Le budget de 1814, pour les recettes extraordinaires, doit compter les fonds déposés à la caisse de service, et la commune doit charger quelqu’un de ses intérêts à Paris pour le recouvrement de cette somme. Je crois que la Garde a un homme d’affaires, qu’on pourra lui désigner, si elle n’en a pas déjà un. Toutefois il ne me paraît pas convenable d’effacer cette somme, puisqu’on ne peut pas mettre en doute qu’elle ne soit remboursée. C’est donc 20 178 francs qu’il faut laisser figurer au budget. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">La recette de 1814 pour les octrois peut être bien évaluée ; mais il faut connaître la recette brute. Les dépenses doivent être peu considérables pour la ville, qui est murée et qui a peu d’issues. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">On propose dans le projet de budget de 1815 une augmentation de 600 francs pour les dépenses de l’administration : si cela est nécessaire, il faut les porter pour les six derniers mois de 1814. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Même observation pour l’agent de police qu’on veut établir à Portoferraio, pour le nettoyage des rues, pour l’éclairage, le bureau de bienfaisance et les fontaines publiques. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Enfin ce budget a besoin d’être retouché. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Je vois dans le projet de budget de 1815 qu’il y a des fonds de réserve pour la construction d’un nouveau cimetière ; cet objet est urgent. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Il y a dans la dépense plusieurs objets que j’ai supprimés, tels que ceux-ci : le dixième du produit des propriétés foncières, le centième pour l’hôtel des invalides. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Il faudrait augmenter un peu l’instruction publique. Revoir si, sur les 3 900 francs portés pour les nouvelles rues et les 10 000 francs pour la rue de la Porte de Mer, il n’y aurait rien à retrancher. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Je vois également 2 600 francs pour meubles et linge de l’hospice civil ; d’après le nouvel ordre de choses, cela devient inutile. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">La perception des frais d’octroi doit être simplifiée ; il est inutile que les fonds passent par un receveur des droits réunis pour arriver dans la caisse de la ville ; cela était bon dans le système de la France, parce que cela tenait à notre ensemble ; ce qui était nécessaire dans une grande organisation, lorsque le Gouvernement voulait diriger de Paris, devient inutile à présent. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Je désire que le budget de 1814, avec ces modifications, me soit soumis mercredi prochain. </p> <p style="margin-bottom: 0cm">Les deux choses qui me semblent le plus utiles à la ville, c’est de faire venir des eaux et de planter des arbres pour avoir des promenades aux portes de la ville. Quelques acquisitions de terrains deviendront peut-être nécessaires pour cet objet. <sup>[^2]</sup> </p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Dès les premiers jours de son règne, Napoléon organise son « petit Empire ». Cinq grands ensembles administratifs sont définis : une administration générale dirigée par l’intendant regroupant les services civils autrefois de la compétence du sous-préfet, les communes, les Domaines réservés à l’empereur (palais ou domaines productifs), la Maison de l’empereur regroupant la cour et le personnel domestique et enfin les forces armées (soldats, fortifications et casernes). Le budget évoqué ici concerne le troisième ensemble à savoir les communes. [^2]: <i>Correspondance de Napoléon I<sup>er</sup> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 21586, d’après l’original communiqué par le général Henry Bertrand. Extrait [catalogue de vente], J. Vidal-Mégret, <i>Archives du général comte Bertrand</i>, 2<sup>e</sup> vente, Drouot, 8 juin 1983, n° 35. </body>