| identifiant | CG15-38687.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1814/05/22 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Drouot, gouverneur de l’île d’Elbe |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG15</i> - 38687. - </b>Au général Drouot, gouverneur de l’île d’Elbe</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Portoferraio, 22 mai 1814</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon intention est de tenir toute ma Garde réunie à Portoferraio. Elle ne peut pas fournir plus de 100 hommes de service par jour, sans y comprendre l’artillerie et la cavalerie. Donc elle peut fournir 25 factionnaires ; la place en exige 35 ; reste 10 à fournir par le bataillon franc. Ce bataillon devrait donc avoir 40 hommes de service ou 200
hommes casernés à Portoferraio.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Les Polonais seront considérés comme canonniers à cheval ; en conséquence, Drouot présentera une instruction pour la manœuvre. La principale raison qui m’a fait désirer avoir de la cavalerie, c’est pour me porter promptement sur les batteries.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Indépendamment du service, l’infanterie de la Garde fournira une corvée pour l’artillerie. Cette corvée pourra être de 100 hommes. Une partie de cette corvée sera employée à la manœuvre du canon. Il en sera de même du bataillon franc.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Il deviendra nécessaire de fournir une escouade de sapeurs et marins, pour aider le génie dans ses travaux et avoir une connaissance des mines. Les 100 marins que j’entretiens iront à la manœuvre des affûts de côte et de place, de manière qu’ils puissent servir de canonniers.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Il faudra prendre dans l’île quatre jeunes gens bien nés, pour leur faire faire le service d’aspirants d’artillerie. On leur donnera des instructions de mathématiques et de manœuvres. Ils seront joints à la compagnie d’artillerie et auront la paye de sergent. Il y aura deux aspirants pour le génie.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Drouot présentera un projet d’armement. Mon principe est celui-ci : laisser peu de pièces sur de bons affûts ; en laisser sur des affûts marins, ce qui a l’avantage d’épargner les affûts.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Je pense que l’arsenal devrait être tout entier à la Porte-Neuve. Avoir là les forges et les ateliers de menuisiers. Il serait à la fois arsenal d’artillerie et de marine. On lui donnera tous les souterrains de la Porte-Neuve. On fera un polygone pour le tir des bombes et des obus. On établira une salle d’artifice ; on aura soin de former des artificiers.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">La batterie de la marine de Marciana a deux pièces qu’il faut y laisser. Il faut aussi deux pièces dans la tour de Marciana, deux dans la tour de Campo, deux à la batterie du cap Saint-André.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">ÎLE DE LA PIANOSA[^1] .</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Il faut à la Pianosa deux batteries de deux pièces chacune. Je voudrais y établir deux pièces sur le lieu où le garde place le drapeau. Ce rocher étant escarpé de tous les côtés, il faudrait que le colonel Vincent[^2] pût y aller, pour faire connaître comment on peut en fermer la gorge. Il semble qu’un fossé et une petite caserne défensive pour dix canonniers rempliront ce but. Je voudrais deux autres pièces sur le rocher qui forme un îlot. Il y a une caverne pour servir de logement ; je crois qu’il y a peu de chose à faire. Moyennant ce, 20 hommes et quatre pièces donneraient une sûreté suffisante à la Pianosa. On destinera à Longone quatre pièces en fer, d’un calibre supérieur, pour la Pianosa. </p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Drouot réunira les officiers du 1<sup>er</sup> bataillon de chasseurs[^3] , pour qu’ils concertent les moyens de se recruter spécialement de Corses. Il ne faudra point y admettre des habitants du pays, à moins que ce ne soient des hommes qui aient servi en France.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm">MARINE. </p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Drouot réunira le commissaire de marine[^4] , le capitaine du port[^5] , le commandant des bâtiments[^6] , pour aviser aux moyens de former les équipages. </p>
<p style="margin-bottom: 0cm">M. Taillade fera les fonctions de commandant de la marine ; s’il est nécessaire, on lui donnera un grade de plus, afin qu’il rende compte de tout. </p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Il sera caserné sur la goélette qui fera fonctions d’amiral, et qui devra être placée au milieu du port ; elle ne laissera entrer ni sortir aucun bâtiment sans le héler. </p>
<p style="margin-bottom: 0cm">MM. Taillade, Richon[^7] et le capitaine du port présenteront un projet d’organisation.
<p style="margin-bottom: 0cm">Mes ordres seront adressés au commandant. </p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Aucun bâtiment un peu considérable ne se présentera sans qu’on le reconnaisse, afin qu’on ait le temps de se mettre sous les armes, s’il arrivait de force. </p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Dans la formation, les bâtiments ne sont pas parfaitement armés ; le gouverneur fera suppléer par des hommes fournis par la garnison. </p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Si la felouque de la douane est bonne, il faut la prendre. </p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Mon intention est d’avoir toujours un bâtiment à Longone et à Campo et un à Portoferraio, indépendamment de la goélette. </p>
<p style="margin-bottom: 0cm">Demander aux officiers de marine un projet de bâtiment.[^8] </p></body>
[^1]: Située à quelques encablures de l’île d’Elbe, l’île de la Pianosa est militairement occupée par Napoléon dès les premiers jours de son règne. Cette terre minuscule qu’il voudra mettre en état de défense et peupler sera sa seule conquête pendant les 300 jours qu’il passe à l’île d’Elbe.
[^2]: Nicolas-Charles Vincent, responsable des fortifications de l’île d’Elbe.
[^3]: Le bataillon de chasseurs se compose de volontaires corses pour la plupart.
[^4]: Pierre Henry Pièche de Loubières, sous-commissaire de marine à l’île d’Elbe depuis 1806.
[^5]: François Filidoro.
[^6]: François Louis Taillade, enseigne de vaisseau.
[^7]: Enseigne de vaisseau, commandant la goélette <i>L’Abeille</i>.
[^8]: <i>Correspondance de Napoléon I<sup>er</sup> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 21570, d’après le registre d’ordres de la Bibliothèque du Louvre. |
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